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Français Olivier · Ständerat · 2019-06-17

Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2019-06-17

Wortprotokoll

Je ne pensais pas intervenir au cours de ce débat, je ne vous le cache pas, mais vu le développement relativement long fait par Monsieur Rieder et les différents arguments qui ont été exposés, je dois revenir sur certains points.

Je peux comprendre que l'on souhaite porter une attention aux flux financiers et à leurs conséquences pour les entreprises, c'est un phénomène social et émotionnel qui est légitime, et l'on peut comprendre que le politique s'empare du débat. Ainsi, plusieurs parlementaires sont intervenus. L'initiative parlementaire Badran 16.498, qui a passé le cap puisque la commission compétente du Conseil national lui a donné suite et que notre commission a adhéré à cette décision, me paraissait relativement cohérente puisque son auteure cible des objets très stratégiques pour la Suisse.

Votre motion, cher Monsieur Rieder, ne fixe par contre pas de limite. Son texte est très clair puisqu'il cible "les investissements directs depuis l'étranger dans des entreprises suisses". Il n'y a pas de limite. Ce qui m'inquiète, plus particulièrement après le développement que vous venez de faire, c'est que la mise en oeuvre de la motion reviendrait à ajouter un deuxième pouvoir au sein du conseil d'administration, et ce pouvoir serait incarné par l'Etat. C'est ce que vous exprimez très clairement dans votre discours. En cela, vous remettez tout bonnement en cause la liberté d'entreprendre et vous insinuez que, lorsqu'il y a un problème, c'est l'Etat qui doit intervenir. Mais regardez ce qu'il s'est passé par exemple en France lorsque des interventions étatiques ont porté sur le secteur du rail. Quel a été le résultat pour Alstom? La disparition totale de ce fleuron économique! L'intervention de l'Etat a fait croire que, tout simplement, cette entreprise allait pouvoir survivre dans le milieu de l'énergie, voire dans le milieu du rail. Quelles ont été les démarches politiques? Il n'y a rien de plus facile: au niveau politique, lorsque surviennent des difficultés, il suffit de se présenter devant le parlement et de dire: "Donnez-nous des moyens d'acheter des trains." C'est ce qu'il s'est passé en France et cette entreprise, demain, n'existera quasiment plus, elle aura complètement disparu. Il faut laisser aux entreprises la possibilité de proposer des solutions.

Prenons le cas de l'entreprise Nestlé: voudriez-vous commencer à contrôler ses achats et ses ventes? Voudriez-vous aller aussi loin dans le processus? Voudriez-vous "biberonner" les entreprises qui sont aujourd'hui à même de prendre des décisions qui ont un impact direct sur notre économie? Cette interventionnisme me fait souci, d'autant plus que vous ne mettez dans votre motion, Monsieur Rieder, absolument aucune cautèle.

Maintenant, j'en viens aux start-up. S'il y avait aujourd'hui assez d'argent dans la place financière suisse, on trouverait dans cette économie fondée sur l'intelligence que sont les start-up la promesse d'un développement, et puis cela irait tout seul! On aurait même des difficultés à recruter les ressources humaines dont on aurait besoin. Par conséquent, des partenariats avec l'étranger sont nécessaires tout simplement pour mettre en valeur le potentiel de ces entreprises.

Aussi ferai-je plus court que mon collègue, car vous avez compris ma position: elle est très clairement en défaveur de cette motion. Je suivrai le Conseil fédéral et la minorité, qui recommandent de rejeter cette motion.