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Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · 2019-06-19

Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · Jura · CVP-Fraktion · 2019-06-19

Wortprotokoll

Les deux initiatives 18.096, "Pour une eau potable propre et une alimentation saine", et 19.025, "Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse", ont été qualifiées, à juste titre, d'extrêmes et de contre-productives.

De par ma profession de médecin-vétérinaire, essentiellement pour animaux de rente, j'ai été en contact permanent avec le monde agricole et j'ai pu mesurer l'évolution de l'agriculture vers une production durable, respectueuse de l'environnement, tout en favorisant la biodiversité. Cet objectif a été atteint grâce à la reconversion vers l'agriculture biologique, une production en vogue aujourd'hui.

Mais qui dit agriculture biologique, dit baisse significative de la production. L'abandon des produits phytosanitaires se traduit inexorablement par une diminution significative de la production - de 30 à 40 pour cent - et ne permettra pas d'atteindre le taux d'autoapprovisionnement de 60 pour cent, décidé par le peuple avec l'acceptation de l'initiative "pour la souveraineté alimentaire". Comment compenser ce déficit de produits alimentaires de proximité? Par une importation massive de denrées alimentaires dont la provenance et la qualité échapperaient à tout contrôle tant sur le plan phytosanitaire qu'en ce qui concerne l'administration des antibiotiques. Un bel autogoal en fait!

L'agriculture est consciente qu'elle doit continuer de progresser, mais cela prend du temps. Les choses sont en place. On ne corrige pas les excès du passé par des solutions excessives et extrêmes. L'agriculture reconnaît les besoins d'agir dans les domaines visés par les deux initiatives, mais pour chacune des deux, il existe des plans concrets d'amélioration. Le Conseil fédéral vient d'interdire 27 pesticides dans le délai d'une année; cette décision va dans la bonne direction. Au cours des dix dernières années - cela a été dit -, le volume des produits phytosanitaires utilisés dans l'agriculture a baissé de 27 pour cent, celui du glyphosate de 45 pour cent, alors que celui des herbicides a diminué de 30 pour cent en dix ans, ce qui est confirmé par les mauvaises herbes qui envahissent les lieux publics.

Dans l'initiative et dans le contre-projet, il est fait allusion aux apports de substances agricoles pouvant affecter l'environnement, telles que les médicaments vétérinaires, soit - pour ne pas les nommer - les antibiotiques. Durant mes quelque quarante années d'expérience en pratique vétérinaire, j'ai pleinement mesuré l'évolution et les progrès réalisés dans la prescription et l'administration des antibiotiques aux animaux de rente. Alors que l'utilisation des antibiotiques ne souffrait d'aucune entrave lors des décennies antérieures, force est de constater que les choses ont drastiquement changé avec [PAGE 1242] la mise en place de la Stratégie nationale Antibiorésistance dans le domaine vétérinaire.

En médecine vétérinaire, chaque prescription d'antibiotiques repose sur une analyse bactériologique comprenant un antibiogramme, afin de garantir une thérapie ciblée et efficiente. En plus, toute remise d'antibiotiques est consignée et répertoriée dans un registre national centralisé d'utilisation des antibiotiques, ce qui entraîne une augmentation et des charges administratives et des coûts pour l'éleveur.

La médecine vétérinaire a pris le taureau par les cornes, remplit parfaitement sa mission et assume ses responsabilités dans la lutte contre l'antibiorésistance. Un travail important et contraignant est réalisé, et les acteurs concernés n'ont pas attendu pour s'y atteler le dépôt des initiatives populaires extrêmes que nous traitons aujourd'hui. C'est un travail qui porte ses fruits et qui a déjà permis de réduire de 50 pour cent au cours des dix dernières années la consommation d'antibiotiques pour traiter les animaux de rente.

En conclusion, je vous invite à recommander le rejeter des deux initiatives et à ne pas leur opposer de contre-projet.