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Berberat Didier · Ständerat · 2019-09-10

Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-10

Wortprotokoll

Effectivement, la question des liaisons de TGV pose des problèmes et inquiète, notamment, un certain nombre de cantons, le canton de Vaud et le canton de Neuchâtel en priorité, mais bien sûr aussi d'autres cantons qui sont touchés par le changement prévu par Lyria.

En résumé, les réponses du Conseil fédéral sont plutôt des réponses à court terme, et elles n'abordent pas totalement le fond du problème. Il y a de l'espoir, mais beaucoup de choses restent encore à faire. Si je reviens aux réponses du Conseil fédéral aux différentes questions que j'ai posées, au chiffre[NB]2, on nous dit: "Toutes les parties ont exprimé leur volonté de pérenniser l'offre sur la ligne Lausanne-Paris passant par Vallorbe et la chaîne du Jura." Et au chiffre 3, on nous dit que "les parties concernées établiront et signeront ces prochains mois une convention qui précisera les objectifs convenus". Ce sont de bonnes nouvelles, mais il ne faudrait pas que ce soit l'arbre qui cache en quelque sorte la forêt.

Au chiffre 4, le Conseil fédéral nous signale que "des adaptations de l'offre sont autorisées". Oui, en principe, cette disposition est judicieuse, mais dans le cas particulier du tronçon Lausanne-Genève, le plus saturé du pays pour les dix prochaines années au moins, le report du trafic sur cet itinéraire rallonge le temps de parcours, tout d'abord, et c'est un non-sens absolu, d'autant plus que la Confédération vient d'investir entre La Sarraz et Vallorbe pour permettre le passage de TGV à deux étages. Par ailleurs, accaparer le sillon Genève-Milan pour des trajets Paris-Lausanne, qui peuvent facilement passer par Vallorbe, au moment même où, au niveau européen, la concurrence entre grandes lignes s'exacerbe, va bloquer le développement des liaisons italo-suisses.

Pour ce qui concerne les liaisons franco-suisses, une étude de l'EPFL prévoit une hausse du trafic Suisse-Paris de 25 pour cent d'ici cinq à dix ans. Comment Lyria va-t-elle faire face avec quinze rames offrant en tout moins de places qu'à l'heure actuelle?

Au chiffre 6, la réponse du Conseil fédéral me semble à côté de la situation du marché. Une nouvelle offre Genève-Paris de Lyria-SNCF, hors région genevoise et du trafic interne de la SNCF, n'a aucune chance de transférer le trafic par voie aérienne sur le rail pour toute la Suisse occidentale à l'Est de Nyon - qui représente, je le rappelle, quand même plus de 1 million d'habitants. Précisément, c'est pour cela que la ligne via Vallorbe est la plus directe et la plus efficace.

Je souhaite vivement que le Conseil fédéral soit extrêmement attentif à cette question, que les compagnies SNCF et CFF puissent discuter ensemble, que Lyria ne puisse pas faire exactement ce qu'elle veut. Il faut enfin que Lyria comprenne qu'elle est une société qui est en mains des deux compagnies - française et suisse. Je souhaiterais que le Conseil [PAGE 637] fédéral puisse nous assurer qu'il sera très attentif à la question et qu'il discutera encore avec les cantons de Vaud et de Neuchâtel notamment, et également avec d'autres cantons qui sont touchés par cette liaison. Je pense notamment au Valais qui verrait la suppression d'un train par heure à cause de cette réforme - dans la mesure où l'on surutilise le sillon Lausanne-Genève, alors même qu'on pourrait tout à fait passer par Vallorbe.