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Rochat Fernandez Nicolas · Nationalrat · 2019-09-11

Rochat Fernandez Nicolas · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-11

Wortprotokoll

Aujourd'hui, nous avons l'opportunité d'écrire une nouvelle page dans l'histoire de notre pays en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes, en faveur d'une vie familiale pleinement ancrée dans le XXIe siècle, en faveur du développement de l'enfant. Aujourd'hui, notre pays est clairement à la traîne et aucunement en phase avec sa population, si l'on en croit les sondages, concernant le congé-paternité et/ou le congé parental. En effet, les chiffres parlent d'eux-mêmes: la moitié des pays de l'OCDE disposent d'ores et déjà d'un congé-paternité ou d'un congé parental, dont la durée minimale est de 43 semaines, la moyenne étant de 54 semaines.

Les sondages effectués démontrent que 85 pour cent des Suisses sont favorables à l'instauration d'un congé-paternité. Et ils ont raison! Premièrement, des études démontrent que les enfants ont un meilleur développement lorsqu'ils ont grandi avec un père davantage impliqué. En effet, le congé parental ou paternité permet d'établir une relation plus forte entre le père et son enfant dès son plus jeune âge, tout en allégeant la charge de travail de la mère. Deuxièmement, si l'on parle spécifiquement du congé parental, des études démontrent clairement qu'il est profitable pour les entreprises et qu'il a un effet positif sur la productivité, le chiffre d'affaires et l'ambiance au travail.

En ce qui concerne le coût économique de l'instauration d'un congé parental, il est démontré qu'une augmentation de seulement 1 pour cent du taux d'emploi des femmes génèrerait suffisamment de recettes fiscales pour compenser un congé parental compris entre 18 et 20 semaines dans ce cas de figure.

Les témoignages parus aujourd'hui dans la presse sont très instructifs. J'en veux pour preuve la déclaration d'un employeur dans une société vaudoise qui emploie 85 personnes, dont 70 hommes: "Je crois que tout le monde est d'accord pour accorder un congé-paternité, mais que personne n'arrive à s'entendre sur la durée et le financement. En attendant, les familles et les enfants trinquent. Et les entreprises aussi, car le stress reporté sur les papas qui ne prennent pas le temps nécessaire engendre des erreurs, des accidents, des maladies."

En d'autres termes, cet employeur dit explicitement au monde politique de prendre ses responsabilités.

En résumé, les propositions du jour, c'est un oui pour les pères; c'est un oui pour l'égalité entre femmes et hommes; c'est un oui pour les familles, ainsi que pour les travailleuses et travailleurs de ce pays.

Maintenant, et pour autant que cette question de principe soit approuvée par le conseil, la question à trancher est la suivante: voulons-nous une demi-mesure qui fait bonne figure en ces périodes électorales, que certains que je viens d'entendre présentent comme un compromis, ou assumons-nous nos propos et convictions jusqu'au bout en allant dans la direction d'une véritable politique publique en la matière?

Pour ma part, un congé-paternité de 4 semaines constitue le minimum du minimum du minimum, et il me paraît évident qu'un véritable congé parental doit être instauré dans les meilleurs délais, et ce dans l'intérêt de nos citoyennes et de nos citoyens et, surtout, de celui de nos enfants.