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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2019-12-04

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-12-04

Wortprotokoll

Je vais défendre trois minorités dans des domaines assez diversifiés, parce que le bloc 1 est quand même relativement hétérogène.

La première minorité porte sur l'égalité entre femmes et hommes. Le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes n'a pas vu ses moyens croître pour l'une de ses missions fondamentales qui est la réduction des inégalités, notamment salariales, entre femmes et hommes ainsi que la promotion de l'égalité au sein de notre économie et dans notre pays. C'est franchement inacceptable quand on voit la différence qu'il y a entre la Constitution et la réalité sur le terrain aujourd'hui en matière d'égalité ou d'inégalités entre femmes et hommes.

Je trouve que les moyens qui sont actuellement alloués au dit bureau, tant pour ses charges de fonctionnement, que nous discuterons plus tard, que pour ses ressources destinées à soutenir des organisations qui ont pour but d'amener des changements dans le domaine de l'égalité, sont largement insuffisants. Nous pouvons aujourd'hui nous battre non seulement pour plus d'argent, mais surtout pour apporter plus de soutien aux organisations qui amènent un véritable changement en matière d'égalité entre femmes et hommes, par des soutiens directs dans l'économie.

Je vous invite donc à soutenir la minorité à la position 303.A231.0160, qui est très modeste, puisqu'il ne s'agit pas d'augmenter massivement le budget, mais juste de donner, de façon symbolique, quelques moyens en plus qui permettront au Bureau fédéral de l'égalité de réellement faire son devoir. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas, d'un côté, dire que qu'on veut que ces inégalités se résorbent par elles-mêmes et, de l'autre, ne jamais allouer des moyens suffisants pour aller dans ce sens.

La deuxième proposition concerne le domaine de la prévention. Nous vivons dans un système complètement absurde, un système avec plein de caisses-maladie diversifiées au lieu d'avoir une seule caisse. Ce système, pour l'instant, est souhaité par le peuple; soit. Mais il a plein d'immenses défauts. L'un de ses défauts majeurs est le suivant: parce que les caisses-maladie sont nombreuses, elles n'ont aucun intérêt individuel à mener une politique de prévention. Pourquoi? Parce que si je suis un assureur-maladie et que je dépense de l'argent pour que les gens tombent moins malades, eh bien c'est moi qui dépense tout, mais ce sont tous mes concurrents qui bénéficient du fait que les gens sont moins malades. Donc, en fait, je n'ai aucun intérêt, en tant qu'assureur-maladie, à dépenser de l'argent dans la prévention au niveau de la santé. Donc, qui reste pour le faire? Les acteurs centraux, dont l'Etat.

Aujourd'hui, la politique de prévention a un budget ridicule, moins de 50 millions de francs. C'est pour cela qu'on propose de le ramener au moins à 50 millions de francs, ce qui permettrait d'à peu près doubler le montant consacré aux politiques de prévention. J'aimerais juste vous dire que l'essentiel des maladies pour lesquelles les soins sont extrêmement chers, qui concernent notre système de santé, pourraient être évitables. On peut prévenir des maladies graves, des coûts pour la santé, des coûts pour les gens, des drames humains avec une meilleure politique de prévention. On l'a vu par exemple en ce qui concerne le tabagisme, et il y a plein d'autres domaines dans lesquels la prévention, investir quelques francs dans la prévention, change des vies et améliore aussi nos finances pour le futur, alors que nous n'arrêtons pas de parler de la hausse effrénée des coûts de la santé. Investir quelques dizaines de millions de francs de plus par rapport au budget de la Confédération dans le domaine de la prévention, c'est vraiment créer un avenir financier meilleur pour la Confédération, et surtout un avenir humain meilleur pour notre pays.

Enfin, j'aimerais vous parler de la politique de sécurité. Comme dans tous les domaines de l'Etat, la question que nous devons nous poser quand nous parlons de budget, c'est celle de l'efficience de nos dépenses. En d'autres termes, que nous rapporte en échange chaque franc investi?

En fait, la stratégie du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, aujourd'hui, est un peu identique à une stratégie qui consisterait à construire l'Etoile noire de "Star Wars". Cela ne sert à rien, cela n'apporte rien. Cela créerait certes quelques emplois, cela occasionnerait des dépenses, mais cela ne changerait pas grand-chose en matière de sécurité. Or, il y a de véritables menaces en matière de sécurité. De quels domaines proviennent-elles? Elles proviennent du domaine "cyber", la cybersécurité militaire et civile. Puis elles dépendent aussi de la qualité des relations que nous avons au niveau international et de la stabilité politique autour de nous. C'est là que sont les véritables leviers d'action. Il est inacceptable que nous dépensions des milliards de francs pour des tanks qui ne seront jamais utiles, des munitions que nous gaspillerons dans des talus pendant les cours de répétition, et qu'en même temps nous n'utilisions pas cet argent pour promouvoir la paix au niveau international et pour renforcer nos moyens en matière de cybersécurité.

Les deux propositions de minorité que je vous propose dans ces domaines, qui sont soutenues par le groupe socialiste, visent à corriger cette erreur. Nous souhaiterions ramener le budget de l'armée à son niveau de 2014, car il faut dire que depuis 2014 il a véritablement explosé sans être accompagné d'une augmentation de la contribution de la Suisse à la sécurité internationale, ce qui n'est pas une utilisation efficiente des deniers publics. Donc, nous proposons de ramener le budget à ce niveau et de compenser cette baisse par une augmentation des moyens alloués à la coopération internationale, afin de contribuer à la stabilité des pays situés autour de nous et dans le reste du monde, de réduire les risques d'insécurité et d'augmenter la sécurité de notre pays.

D'autre part, nous proposons de diminuer de 500 millions de francs le budget de la défense et de compenser cette diminution par une augmentation équivalente du nombre de postes dans des domaines qui serviraient à contrer des menaces réelles pour la Suisse: le domaine des menaces "cyber", notamment la cybersécurité civile dans les domaines spécialisés de la Confédération, répartis dans plusieurs départements spécialisés, mais aussi l'Autorité de surveillance indépendante des activités de renseignement et le Service de renseignement de la Confédération, qui peut aussi protéger notre démocratie contre les tentatives d'espionnage à travers ses activités de renseignement, de coopération internationale et de contre-espionnage. C'est là qu'on aurait besoin de moyens, car c'est là que se situent les véritables menaces. Il est étonnant que l'on continue à dépenser autant d'argent pour contrer des menaces inexistantes, ou très limitées, et qu'en revanche on n'investisse pas là où, vraiment, on pourrait améliorer la sécurité de notre pays.

Je vous invite donc à soutenir ces quatre propositions de minorité et à oeuvrer pour un pays plus sain, un pays plus égalitaire et un pays dans lequel on se sente plus en sécurité.