Lexipedia

Lüscher Christian · Nationalrat · 2019-12-18

Lüscher Christian · Nationalrat · Genf · FDP-Liberale Fraktion · 2019-12-18

Wortprotokoll

Un pays heureux est un pays dans lequel les habitants se sentent libres de se mouvoir et de s'exprimer. Et pour être libre de se mouvoir, il faut que l'Etat assure une de ses tâches essentielles: le maintien de la sécurité. Sans noircir le trait, cette sécurité n'est que partiellement assurée dans certains cantons, et en particulier dans certaines communes en bordure de la frontière.

Ainsi, à Genève, dans certaines communes qui bordent la frontière, des crimes d'une extrême gravité se produisent d'une manière régulière: des cambriolages avec actes de violence, voire des kidnapping d'occupants de maisons; des scènes de guérilla urbaine lors d'attaques et de braquages de bureaux de change par des hommes cagoulés et lourdement armés; des faits de "car-jacking", soit l'action consistant à extraire violemment un conducteur de sa voiture sous la menace d'une arme pour lui voler sa voiture, laquelle sera en général retrouvée incendiée après avoir été utilisée pour un braquage de banque commis en France. Ce qui caractérise tous ces méfaits, au demeurant gravissimes, je le répète, c'est la fuite immédiate de leurs auteurs en France, rendue aisée par l'absence totale de contrôles à la frontière.

Sans remettre du tout en cause les accords de Schengen, il est urgent que le Conseil fédéral mette enfin en oeuvre, comme le martèle le Parlement depuis déjà quatre ans, l'initiative 15.301 du canton de Bâle visant une nouvelle augmentation des effectifs du Corps des gardes-frontière et une répartition adéquate des ressources entre les régions.

L'augmentation du nombre de gardes-frontière est beaucoup trop lente. L'affectation des gardes-frontière n'est pas adéquate. On voit, par exemple, à Genève des dizaines de gardes-frontière affectés à tamponner des passeports[NB]plutôt qu'à se rendre aux frontières pour surveiller d'éventuels[NB]criminels qui entreraient en Suisse ou qui en repartiraient.

Genève est le talon d'Achille de la Suisse; le canton est frappé par des bandes venues de France. Il s'agit d'un problème fédéral et non pas d'un problème cantonal car, précisément, si les cantons de Genève et de Vaud prennent des mesures pour diminuer cette criminalité, les auteurs d'infraction se rendront plus en profondeur dans le pays et ne resteront pas forcément dans les cantons frontières.

Il faut donc prendre des mesures. Celles-ci consistent à faire plus de contrôles aux frontières. Ces mesures doivent être prises en coordination avec les cantons, avec lesquels il faut travailler main dans la main. Il s'agit de renseignement, il s'agit de prévention, il s'agit de répression du banditisme: tout cela doit être coordonné entre les gardes-frontière et les cantons.

Je vous remercie, Monsieur le président de la Confédération, vous qui êtes en charge du Département fédéral des finances, d'être sensible à la question de l'augmentation des gardes-frontière et de leur meilleure affectation. Il en va de la sécurité des citoyens genevois en particulier et suisses en général.