Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2020-03-10
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2020-03-10
Wortprotokoll
C'est un moment fort attendu. Il y a 26 ans, la population suisse votait l'initiative des Alpes, lancée par un petit cercle de montagnards et montagnardes, que l'on peut pleinement remercier ici. C'était en 1994. En acceptant cette initiative, la Suisse s'était engagée à réduire le nombre de poids lourds qui transitent par les Alpes.
Aujourd'hui, après 20 ans de travaux et un investissement de plus de 20 milliards de francs, nous posons enfin les dernières traverses de la NLFA, la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes. Ceci a été possible grâce à la contribution d'exploitation sur une plus longue durée, à l'abaissement du prix du sillon, à un renforcement de la redevance sur le trafic des poids lourds et à une augmentation des contrôles de camions, notamment à Giornico au Saint-Gothard Sud. Et cette mesure est très importante!
Pour la petite histoire, la semaine dernière encore, la police cantonale du canton d'Uri publiait les chiffres du centre fédéral de contrôle. Le résultat est très clair: un camion sur trois ne respecte pas les normes - sur un échantillon de 17[NB]000 camions contrôlés -, et pour 773 d'entre eux, ce sont les freins qui posent problème. On assiste là, en effet, à un souci de sécurité et, évidemment, aussi de pollution.
On peut se réjouir, certes! Nous avons le Lötschberg, nous avons le Gothard, bien au-delà du Ceneri. Mais la Suisse est encore loin de l'objectif visé, qui est celui de protéger les Alpes durablement des effets négatifs du trafic de transit routier. Si 70 pour cent des marchandises transportées par les Alpes circulent par le rail, 63 pour cent du transport de marchandises - en moyenne, sur l'ensemble du territoire suisse - passe encore par la route, avec une hausse marquée l'année passée. L'effet de ce trafic de camions est lourd de conséquences sur l'ensemble du pays, touchant autant la plaine et ses agglomérations que la profondeur des glaciers.
Dans les Alpes, plusieurs écueils subsistent encore. C'est le cas notamment du col du Simplon, qui est encore trop largement emprunté par des camions transitant entre l'Italie et la Suisse et transportant pour certains des marchandises dangereuses. A préciser que le col du Simplon est le seul passage alpin qui ne soit pas encore soumis à des contrôles. La Confédération et les CFF ont une responsabilité concernant ce dossier.
Si, aujourd'hui, nous travaillons sur le transfert des marchandises de la route vers le rail - et nous avons bien sûr raison de le faire, et je me réjouis que la majorité soit de ce même avis -, nous devons aussi nous questionner sur un trafic de marchandises en permanente augmentation, qui a plus que doublé ces 40 dernières années.
C'est aussi le fruit d'une économie toujours plus délocalisée. Le développement des ports au Sud, la volonté affichée de la Chine d'intensifier ses exportations vers l'Europe sont autant de raisons, même si la crise sanitaire d'aujourd'hui apportera peut-être du changement. C'est bien sûr aussi le fruit d'une société toujours plus consommatrice, loin de répondre à l'urgence climatique.
Alors oui, bien sûr, acceptons aujourd'hui cette proposition et restons mobilisés sur la thématique, car l'objectif de l'initiative des Alpes n'est pas encore atteint.