preparatory:AB 259715
Feller Olivier · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2020-05-04
Wortprotokoll
Personne ne peut oublier la sidération produite par l'apparition brutale du coronavirus et les difficultés inhérentes à la gestion d'une telle crise, à la fois sanitaire, psychologique, économique et sociale. Dans cette crise souvent décrite comme la plus grave depuis longtemps, il n'y a eu aucune alerte annonçant une catastrophe imminente.
C'est dans ce contexte que le groupe libéral-radical souhaite exprimer son empathie à l'égard des victimes et de leurs proches, mais aussi à toutes celles et à tous ceux qui ont continué de faire vivre les services essentiels malgré la crise.
C'est dans ce contexte que le groupe libéral-radical souhaite également remercier le Conseil fédéral in corpore de la conduite du semi-confinement qu'il a décrété d'urgence pour éviter la saturation du système de santé. Peut-être n'a-t-il pas toujours fait tout juste, mais personne, dans ces conditions, n'aurait pu faire tout juste à sa place.
Nous entrons aujourd'hui dans la phase du déconfinement. Et tout le monde voit bien que la sortie progressive de la crise se révèle encore plus compliquée. Dans la balance de l'intérêt général, les mesures barrières doivent être maintenues aussi souvent que possible. Mais la distanciation sociale ne peut pas toujours être réalisée dans certaines circonstances d'une vie normale, dans les transports, au travail, à l'école. Il va donc falloir y renoncer aussi souvent que nécessaire, en la remplaçant par d'autres mesures de protection - comme le port du masque -, en se souvenant que le confinement a été décrété pour éviter l'hécatombe et non pas pour assurer le risque zéro, impossible à réaliser.
Dans la balance de l'intérêt général, le déconfinement doit être aussi rapide que possible, pour de nombreux motifs, notamment psychologiques. Car il ne faudrait pas que demain la société se retrouve morte d'avoir survécu au virus. La situation actuelle est intenable pour toutes les personnes, quel que soit leur statut, qui se sont retrouvées sans travail et sans revenu du jour au lendemain. Le déconfinement progressif est une mesure de bon sens et ne revient pas à opposer l'économie à la santé, comme certains voudraient le faire croire. Car l'économie n'est pas une chose à part, l'économie fait partie intégrante du tissu de la société. Il n'y aurait plus d'hôpitaux privés ou publics pour soigner, de récoltes pour se nourrir, d'emplois dans les secteurs privé ou public pour vivre, de formations pour les jeunes, si tout restait à l'arrêt, ou réduit à la vitesse inférieure, pendant des mois.
Dans la balance de l'intérêt général, aucune catégorie de la population ne doit être ou se sentir stigmatisée. Pas plus les porteurs du virus que les personnes dites vulnérables. On ne doit pas réduire une personne à son âge ou à sa maladie. Les mesures propres à protéger les personnes les plus vulnérables doivent en tenir compte. Pour dire les choses un peu crûment, il n'y a pas les vieux et les autres.
C'est maintenant le temps du déconfinement. Il va falloir conserver un oeil sur les méfaits du coronavirus, comme sur les moyens de le combattre: la recherche de traitements et de vaccins, les retrouvailles avec une forme plus raisonnable de vie en société, et surtout notre volonté collective de survivre à ce tsunami planétaire.
Il y aura un autre temps, celui du bilan. Il est encore trop tôt pour tirer tous les enseignements de la crise. Mais certains axes d'action peuvent déjà être envisageables. C'est la raison des propositions formulées par le groupe PLR, que notre président de groupe Beat Walti a brièvement évoquées tout à l'heure, et que nous pourrons compléter à l'aune des constats progressifs de la sortie de la crise, car nous en sortirons.