Lexipedia

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2020-05-04

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-05-04

Wortprotokoll

A situation exceptionnelle, demandes financières exceptionnelles d'environ 58 milliards de francs par le Conseil fédéral. Ces quinze dernières années, la dette de la Confédération a été ramenée de 125 à 97 milliards de francs grâce au frein à l'endettement et à la vigilance du Conseil fédéral et du ministre des finances. Celles et ceux qui s'offusquaient, encore en ce début d'année, de cette politique de désendettement manquaient de prudence et de clairvoyance, peut-être, envers des évènements de la nature de la crise que nous vivons actuellement. La stratégie de discipline financière défendue par la droite depuis plus de vingt ans, même dans les années fastes, porte ses fruits aujourd'hui. C'est grâce à cette politique financière, que je qualifierais de politique de la fourmi, que le budget 2020 pourra s'alourdir de 16,1 milliards de francs. [PAGE 396]

Des dépenses supplémentaires de 6 milliards de francs sont prévues pour l'assurance-chômage; 5,3 milliards pour les allocations pour perte de gain; 2,45 milliards pour la pharmacie de l'armée; 1 milliard pour les pertes sur cautionnement; 600 millions comme soutien à l'aviation, tandis que des moyens seront aussi accordés à divers autres petits postes de dépenses. En outre, 40 milliards de francs sont demandés pour financer les cautionnements remboursables destinés aux PME, avec deux crédits d'engagement d'un montant total de 1,875 milliard de francs concernant les compagnies d'aviation Swiss et Edelweiss Air.

Le groupe UDC s'interroge sur l'ampleur du supplément I au budget 2020 et sur les mesures prises par le Conseil fédéral pour limiter les effets financiers de la crise du coronavirus. Mais l'assurance-chômage doit être soutenue avec une contribution de 6 milliards de francs supplémentaires. Il faut aussi saluer la proposition du Conseil fédéral de soutenir les allocations pour perte de gain suite à la fermeture de diverses entreprises comme les restaurants, les salons de coiffures, les taxis et divers autres corps de métiers.

Les indépendants sont fortement touchés par cette crise et doivent pouvoir eux aussi bénéficier de certaines allocations pour perte de gain. La demande d'affectation de 5,3 milliards de francs à cet effet est soutenue par notre groupe.

Des propositions de minorité ont été déposées pour réduire certains montants que notre groupe trouve un peu trop généreux. Car notre pays va s'endetter fortement et nous savons tous que les dettes doivent être remboursées. Et plus elles sont élevées, plus elles s'étendent dans le temps et plus elles pèsent sur les générations futures. C'est le contraire de la durabilité chère à tous, car un endettement trop prononcé de l'Etat et un excès de réglementation risqueraient de le fragiliser pour l'avenir.

Pour le groupe UDC, il faut aussi mettre des priorités. Les structures pour l'accueil de jour des enfants doivent être soutenues par les cantons et les communes et non par la Confédération. D'autre part, plusieurs cantons ont déjà mis en place un soutien pour les baux à loyer commerciaux. Il faut encourager les autres cantons à le faire, mais ce n'est pas à la Confédération d'engager des moyens financiers pour cela, ni d'édicter des directives strictes.

Concernant le crédit de 2,45 milliards de francs pour l'acquisition de matériel sanitaire, une proposition de minorité a été déposée par notre groupe, non pas pour diminuer le nombre de masques à acheter mais pour négocier leur prix à la baisse. Nous trouvons que le prix de 1,20 franc par masque est abusif.

Concernant l'aviation et les entreprises connexes, notre groupe soutient les deux crédits d'engagement pour un montant de 1,875 milliard de francs ainsi que le crédit budgétaire de 600 millions de francs, cela sans imposer de conditions concernant l'écologie, les licenciements ou les salaires minimaux. Le problème écologique doit être traité lors des discussions sur la loi sur le CO2 et les conditions d'emploi par des négociations et des arrangements entre les partenaires sociaux. Les compagnies aériennes ont besoin d'une aide d'urgence pour éviter la faillite. L'aviation joue un rôle économique important dans notre pays; elle représente 30 milliards de francs, soit près de 5 pour cent du PIB de 2016. Il est urgent de sauver notre compagnie Swiss, car une faillite de celle-ci ferait perdre des milliers d'emplois à notre pays et nous rendrait dépendant des autres compagnies étrangères.

Pour terminer, je désire remercier les membres du Conseil fédéral, le personnel de la Confédération et notre présidente Isabelle Moret pour leur engagement respectif dans la gestion de cette crise sanitaire et économique parce que, grâce à eux, nous pouvons tous siéger aujourd'hui.