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preparatory:AB 260154

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2020-05-04

Wortprotokoll

Je vous invite, au nom du Conseil fédéral, à accepter cette motion.

Cette dernière demande essentiellement deux choses qui nous paraissent absolument justifiables et justifiées dans la situation actuelle. Elle demande un retour aux affaires et une réouverture par étapes aussi rapide que possible; c'est le premier élément. Deuxièmement, la motion demande que cela se fasse avec des concepts de protection préparés par les branches, parce que nous savons très bien que les recommandations générales de l'OFSP ne suffisent pas. Si on doit appliquer simplement lesdites recommandations - notamment le respect des distances -, alors on peut tout laisser fermé, parce qu'il est inimaginable, dans bien des activités, de pouvoir respecter une distance de deux mètres durant moins de 15 minutes. Sans ces concepts de protection, sur la seule base des recommandations de l'OFSP, il aurait été par exemple impossible de réenvisager l'ouverture des salons de coiffure ou d'autres services.

La motion nous paraît donc aller dans la bonne direction. Elle est assez exigeante, parce qu'elle prévoit vraiment qu'on regarde à chaque étape, pour les secteurs qui sont encore fermés, lesquels pourraient rouvrir. On s'engage à faire cette analyse, à regarder ce qui pourrait être rouvert à chaque étape. Je dois vous dire également qu'il y a évidemment - je crois que ce n'est pas contesté - certains secteurs pour lesquels ce sera très difficile. Pensez au domaine de l'événementiel, des grands concerts ou des festivals "open air" par exemple, avec des très grandes réunions publiques. Le Conseil fédéral a déjà indiqué que ces rassemblements étaient interdits jusqu'à la fin du mois d'août. On l'a fait aussi en nous calquant sur ce que font les pays voisins, parce qu'il faut bien reconnaître que tout rouvrir sans avoir le contrôle de la situation de l'épidémie d'une part, et avec les frontières fermées d'autre part, fait peu de sens et pourrait créer une situation relativement chaotique.

Nous devons donc avoir tous les éléments qui sont ouverts en même temps pour pouvoir avancer. Je crois que nous avons pu démontrer, comme le disait le représentant de la minorité, avec les pas du 27 avril et du 11 mai - c'est un pas important -, que nous sommes prêts à aller dans cette direction et ensuite à faire un monitoring.

Ce monitoring est très important. On ne peut pas prendre la responsabilité de faire un vol dans le brouillard; il faut savoir un peu dans quelle direction cela va, surtout si on souhaite stabiliser la situation pour pouvoir donner des perspectives à notre pays et à notre population, notamment celle d'avoir un été aussi stable que possible. Voilà ce que nous vous proposons de faire.

J'aimerais encore répondre à la question posée par M.[NB]Juillard. En premier lieu, il appartient effectivement aux branches de faire des propositions. Nous les discutons avec elles. D'ailleurs, je dois vous dire que, pour la restauration, c'est très avancé, nous allons dans la bonne direction. Le travail avec la branche se passe très bien.

On ne peut que difficilement empêcher un secteur de publier ce qu'il imagine être juste en termes de concept de protection. Les branches qui le font avant d'avoir mené la discussion avec les autorités fédérales - et notamment l'OFSP - s'exposent naturellement à ce qu'une évolution soit ensuite encore nécessaire. [PAGE 216]

Nous avons essayé de faire au mieux, de manière très pragmatique et aussi rapide que possible. Ces concepts de protection sont très importants, parce que les entreprises qui rouvrent n'ont pas envie de le faire sans savoir comment procéder. Elles ont envie d'avoir des indications précises sur ce qu'elles peuvent et ne peuvent pas faire, de façon aussi à savoir ce qu'elles peuvent trouver, de manière créative ou innovante, pour garantir une bonne protection de la santé. C'est donc au bénéfice des branches concernées si cela peut être fait ainsi.

Pour les restaurants, le concept n'a pas encore été publié; il est encore en discussion et en travail. Le Conseil fédéral a cependant fixé les lignes. On ne fait pas de distinction entre restaurants, bars et autres; ce sont les lieux publics où l'on peut prendre des consommations, manger ou boire quelque chose. Nous avons dit qu'il fallait que les consommations soient prises en étant assis. C'est assurément un des meilleurs moyens pour éviter des rassemblements et les difficultés que cela peut poser en termes de contrôle de l'épidémie. Il ne peut en outre pas y avoir plus de quatre personnes par table. La seule exception est le cas de familles où les deux parents et leurs enfants sont plus que quatre. Mais deux familles avec des enfants ne peuvent pas se mettre à huit à une table, par exemple. Ce n'est pas admis.

Deuxièmement, pour les rassemblements et les groupes, également dans le cas de manifestations privées, nous avons déjà annoncé que nous sommes en train d'y travailler, pour voir quand et comment cela sera possible. Nous espérons le faire aussi rapidement que possible, de façon à donner une perspective d'ouverture par rapport à l'interdiction de rassemblements et de manifestations publiques et privées.

J'espère avoir ainsi répondu à vos questions.

Avec ces arguments, j'aimerais vous inviter à accepter cette motion.