Fivaz Fabien · Nationalrat · 2020-06-04
Fivaz Fabien · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2020-06-04
Wortprotokoll
En décembre, notre conseil a introduit une divergence avec le Conseil des Etats, dont le seul but était d'éviter la récolte conjointe de signatures entre le durcissement des conditions d'accès au service civil et le crédit de 6 milliards pour l'achat des avions de combat. Vu le résultat des votes en commission, cette divergence sera éliminée, presque sans débat, confirmant qu'il s'agissait d'une simple manoeuvre politique. Malgré cela, le vote de décembre a été particulièrement serré, avec 102 voix contre 92. Permettez-nous donc, encore une fois d'essayer, de vous convaincre.
Depuis le mois de décembre, nous avons pu tester l'utilité du service civil dans une situation de crise. La pandémie du Covid-19 a montré l'importance du service de remplacement de l'armée. Ce sont des milliers de personnes qui ont oeuvré dans des domaines essentiels, comme les soins, les EMS, le domaine social ou le domaine pédagogique. M. Fridez vous a donné les chiffres. A notre avis d'ailleurs, le Conseil fédéral aurait pu utiliser beaucoup mieux ces forces vives, formées et motivées. Le Conseil fédéral devrait ainsi s'en inspirer, plutôt que de tout mettre en oeuvre pour limiter l'accès au service civil.
Il y a un argument du Conseil fédéral que nous trouvons particulièrement choquant: il met un accent très particulier sur les personnes qui ont terminé leur école de recrues et demandent une affectation au service civil. Selon le gouvernement, ce changement est purement opportuniste, mais permettez-moi d'en douter. Quel meilleur moment pour se rendre compte que le fonctionnement de l'armée vous pose un problème de conscience? Quel meilleur moment pour réfléchir et se rendre compte de l'inutilité de son engagement au sein de l'armée? Le doute que jette le Conseil fédéral sur l'authenticité de ces conflits de conscience est une insulte pour tous ceux qui choisissent une autre manière d'effectuer un service à la population et renoncent à choisir la simplicité offerte par la "voie bleue".
Nous accepterons donc les propositions de minorité Fridez, et rejetterons, au vote final, le projet.
Le référendum est prêt à être lancé, et nous nous réjouissons déjà d'aller dans la rue pour défendre le service civil.