Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2020-06-15
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2020-06-15
Wortprotokoll
Je dois bien vous avouer que j'ai un peu de peine à comprendre que l'on ne veuille pas entrer en matière sur le projet ou que l'on demande des réductions importantes des moyens en raison de la crise du coronavirus. A cause de cette crise, nous devrions même augmenter notre aide, car si pour nous cela a été dur, la mise à terre de l'économie en Afrique est une catastrophe. C'est dans ce genre de situation que se mesure le degré de solidarité de notre pays.
Je ne connais aucun Suisse qui soit prêt à mourir pour trouver du travail. Pourtant, c'est le risque que prennent chaque jour des milliers de migrants économiques. Si on ne veut pas accueillir ces migrants dans notre pays, alors on doit aller les aider chez eux. Cela coûte moins cher et, surtout, cela respecte la dignité de ces personnes. Car avoir un travail et [PAGE 963] pouvoir s'occuper de sa famille, c'est le rêve de chacun d'entre nous, que ce soit ici ou ailleurs.
De la même manière qu'il est absurde de vouloir couper les crédits, il est tout aussi absurde d'opposer protection de l'environnement et lutte contre la pauvreté. J'aimerais vous raconter ce jour où, au Burkina Faso, je suis allée à la rencontre de 200 femmes qui vivent en brousse. Lorsque j'ai demandé à ces femmes quels étaient leurs problèmes, je pensais qu'elles allaient me parler d'éducation ou de santé. Eh bien, pas du tout! La première femme qui a pris la parole m'a dit qu'elles avaient des problèmes avec les changements climatiques et qu'elles aimeraient une formation pour adapter leur méthode culturale - ces femmes font de l'agriculture - aux changements climatiques. Ces femmes veulent être autonomes et pouvoir vivre de leurs récoltes.
Beaucoup d'organisations paysannes font du reboisement et de la récupération de terres dégradées. Cela leur permet d'améliorer leur écosystème, et leur offre la possibilité de cultiver cette terre. C'est gagnant-gagnant.
Voilà pourquoi nous vous proposons avec la minorité Fischer Roland de lier 30 pour cent de l'aide à la coopération internationale à des projets dans le domaine de l'environnement.
L'objectif fixé par l'ONU et approuvé par la Suisse est d'investir 0,7 pour cent du revenu national brut dans la coopération internationale. Le Parlement avait voté 0,5 pour cent en 2011. Or, la proposition du Conseil fédéral n'atteint que 0,48 pour cent. Plusieurs Etats ont déjà dépassé cet objectif de 0,7 pour cent, parmi eux le Royaume-Uni et la Suède.
Le groupe vert'libéral vous demande d'entrer en matière et de soutenir les propositions qui permettront à notre pays de se rapprocher de l'objectif de l'ONU.