Schneider Schüttel Ursula · Nationalrat · 2020-09-07
Schneider Schüttel Ursula · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-09-07
Wortprotokoll
Je défends la proposition de la minorité II (Dandrès) de la Commission des finances. Je vous propose une augmentation du plafond de dépenses de 10 millions de francs.
Depuis plusieurs mois, le Conseil fédéral et la majorité du Parlement n'ont de cesse de prétendre que le soutien dans le domaine culturel doit demeurer limité parce que la compétence de la Confédération serait subsidiaire. Cette approche réductrice ne correspond pas à la réalité d'un territoire imbriqué, dont la population est confrontée, avec la crise du coronavirus, à des difficultés qui dépassent les frontières cantonales.
Le financement de la culture est majoritairement le fait des cantons et des communes, mais la défaillance de ces dernières, prises à la gorge par la crise et par des années de concurrence fiscale intercantonale, ne peut laisser la Confédération indifférente. Si le Musée Jenisch se trouvait dans l'impossibilité d'exposer l'ensemble de ses collections, voire s'il devait fermer, faute de soutien financier de la ville de Vevey, ce ne serait pas uniquement la population veveysanne qui en pâtirait. Je prends cet exemple non seulement parce que ce musée abrite des oeuvres exceptionnelles, mais aussi parce qu'il ne fait pas partie des musées soutenus par la Confédération.
Cette approche formaliste du Conseil fédéral vaut encore moins lorsqu'il est question des langues. La Constitution fédérale et la loi lui donnent pour mission d'agir pour promouvoir le plurilinguisme et les échanges linguistiques. C'est non seulement une richesse de la Suisse, mais aussi - et surtout - un aspect fondamental de la cohésion nationale.
Le plurilinguisme en Suisse est à la fois un fait sociologique et le résultat d'une construction historique, mais surtout, il émane d'une volonté politique, au fondement de l'Etat fédéral. L'apprentissage des langues nationales est donc non seulement une nécessité économique, mais aussi un acte politique fort. Il doit se traduire par des mesures concrètes comme des échanges dans le cadre scolaire. La création de l'agence Movetia constitue une avancée significative qui suscite un très fort engouement. Il faut pouvoir y répondre et permettre à chaque enfant en âge de scolarité d'effectuer l'expérience d'un échange linguistique.
L'enquête fédérale auprès de la jeunesse - un rapport a été publié en 2015 - montre les lacunes de connaissance du français par les Alémaniques et de l'allemand par les Romands. Les compétences sont dans la plupart des cas meilleures en anglais que dans les autres langues nationales. Les séjours linguistiques, l'apprentissage en immersion et l'usage de la langue dans le cadre des loisirs sont décisifs pour la maîtrise d'une langue.
Pour cela, la minorité II (Dandrès) propose d'allouer 10 millions de francs supplémentaires pour la législature, ce qui reste une modeste prestation en faveur des familles ayant des enfants en âge de scolarité. Ce montant permettrait de répondre à la demande des élèves.