Python Valentine · Nationalrat · 2020-09-08
Python Valentine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-09-08
Wortprotokoll
Lors du débat d'entrée en matière concernant notre politique future en matière de formation professionnelle et continue, je vous faisais part de notre inquiétude face au décalage que nous percevons entre les besoins réels et ce qui est octroyé selon le présent message. En effet, les conséquences de la crise sanitaire se cumulant à celles du développement de l'intelligence artificielle et de la robotisation, la menace sur l'emploi doit être anticipée.
En ce qui concerne la formation professionnelle, la majorité des membres de la commission, dont les Verts, a soutenu la proposition faite en séance par M. Eymann, qui prévoit une augmentation de 20,4 millions de francs du crédit d'engagement, ce qui représente un minimum face aux défis présents et à venir que la branche doit affronter, tant en raison des conséquences de la crise sanitaire que des transformations rapides du monde du travail.
Nous vous encourageons donc vivement à suivre la majorité.
En ce qui concerne la formation continue, nous estimons que le plafond de dépenses total de 53,5 millions de francs pour les années 2021-2024 doit être augmenté de 10 millions, comme je le propose dans ma minorité I. Les organismes de formation continue devraient recevoir au moins 20 millions de francs du montant total pour la période 2021-2024.
La formation continue a une fonction sociale et économique centrale en Suisse, comme cela déjà été dit à plusieurs reprises. En particulier en période de crise économique, la formation continue est importante pour une large partie de la population, car les entreprises doivent pouvoir rester compétitives. L'éducation et la formation continue peuvent aider les entreprises à accroître la productivité de leur personnel et l'aider à maintenir et à renforcer son employabilité. A cette fin, il faut maintenant créer des conditions dans lesquelles les organisations de formation continue compétentes et actives au niveau national peuvent également agir avec un potentiel plus important.
Le Conseil fédéral propose de doubler les contributions aux cantons pour la période FRI 2021-2024, afin de leur permettre de promouvoir les compétences de base. C'est une bonne chose. Toutefois, le montant destiné aux organisations de formation continue restera à 10 millions de francs, comme ces quatre dernières années.
Les cantons et le Conseil fédéral ont raison de vouloir un système de formation continue durable. En même temps, la crise sanitaire impose des exigences encore plus élevées à la formation continue. C'est pourquoi les organismes nationaux de formation continue compétents doivent également être renforcés de toute urgence et bénéficier d'un meilleur soutien financier. Pour toutes ces raisons, nous vous encourageons à soutenir notre proposition de minorité.
La majorité de la commission a soutenu la proposition moins ambitieuse d'une augmentation de 6 millions de francs, que nous soutiendrons, même si nous estimons cette somme insuffisante face aux enjeux évoqués. Bien évidemment, nous refuserons toutes les propositions de minorité qui s'opposent à une augmentation des crédits d'engagement. En ce qui concerne le blocage d'une partie du plafond de dépenses et le conditionnement de sa levée, nous soutenons la position du Conseil des Etats.
En ce qui concerne le financement des contributions allouées aux cantons en matière d'aide à la formation, autrement dit les bourses d'études, nous avons déposé une proposition de minorité demandant une hausse de 40 millions de francs pour les raisons suivantes.
Tout d'abord, les bourses d'études sont une base essentielle pour l'égalité des chances dans notre système éducatif, elles permettent aux jeunes issus de familles moins favorisées d'exploiter pleinement leur potentiel et de recevoir une formation appropriée.
Ensuite, les cantons sont responsables de l'attribution des bourses d'études et la Confédération apporte une contribution subsidiaire à leur financement. Depuis 2008, la Confédération continue de verser chaque année aux cantons des contributions à la formation d'un montant de 25 millions de francs, et ce malgré le fait que le nombre d'étudiants est passé de 207[NB]000 en 2010 à 260[NB]000 aujourd'hui.
Enfin, les conséquences économiques de la crise sanitaire auront également un impact important sur le système éducatif. De nombreuses personnes auront moins de ressources financières disponibles en raison de la crise, voire perdront leur emploi. Cela s'applique aux étudiants, ainsi qu'à leurs parents et à leurs familles. Il leur sera de plus en plus difficile de trouver un emploi pendant leurs études. Les pertes financières ne doivent pas avoir pour conséquence que les étudiants ne puissent pas commencer, ou même doivent interrompre, leurs études pour des raisons financières.
Pour ces raisons, une augmentation des contributions à la formation pour la période 2021-2024 est particulièrement importante. Nous avons besoin de jeunes bien formés, capables d'exploiter pleinement leur potentiel pour la société et l'économie. Et il ne faut pas que cela échoue en raison du financement de leurs études.
La minorité Locher Benguerel propose une hausse plus modeste qui ne nous semble pas non plus à la hauteur des besoins, mais nous la soutiendrons évidemment.
Enfin, en ce qui concerne le domaine des EPF, nous vous encourageons à suivre la majorité de la commission, qui a [PAGE 1271] estimé qu'une augmentation de 15 millions de francs était nécessaire pour couvrir les besoins spécifiques de nos écoles polytechniques fédérales, ainsi que de nos instituts de recherche. De même, nous vous encourageons vivement à suivre la majorité de la commission, qui une fois encore s'est ralliée à la décision du Conseil des Etats, en ce qui concerne le blocage d'une partie des fonds et sa levée.