preparatory:AB 26947
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-09-19
Wortprotokoll
Il n'y a pas de risque que l'Office fédéral de la santé publique calme sa tendance à l'activité dans ce domaine. C'est suite à une intervention de sa part que l'enquête à laquelle vous avez fait allusion a été réalisée dans le canton de Neuchâtel. Il l'a publiée pour, justement, permettre ce débat et rendre attentif au risque qu'il y a de prescrire de la Ritaline, soit parce que le diagnostic est mal posé, comme vous l'avez fort bien dit, soit parce qu'on se réfère uniquement à un traitement médicamenteux en omettant les conditions nécessaires sur le plan pédagogique et du suivi. Nous recommandons d'ailleurs vivement que ce suivi ait lieu.
On peut être inquiet, préoccupé. On ne peut pas nier, semble-t-il, l'existence du trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité. Je dois dire, pour avoir rencontré moi-même parfois des enfants hyperactifs, que c'est un peu comme la question de l'obésité: on s'approche un peu de la limite ou bien on est franchement face à un problème. Certains de ces enfants sont effectivement malheureux parce qu'ils ne sont pas bien tolérés par leur environnement qu'ils épuisent, comme ils s'épuisent eux-mêmes dans une espèce de manie, pour reprendre un autre terme médical dont je ne sais pas s'il est ici tout à fait à sa place. Il y a un épuisement de l'organisme, il y a une difficulté à se concentrer, il y a de ce fait des échecs scolaires pour des enfants souvent particulièrement intéressés. Si l'on peut aider ces enfants à surmonter ces difficultés, cela est certainement un avantage.
Nous nous trouvons cependant en même temps face à la découverte du médicament et du trouble qu'il est censé soigner, et c'est une situation dangereuse. Il y a le risque d'abus de la prescription, le risque de se laisser aller, au fond, à une réaction qui pourrait être simple pour le médecin, pour les parents et pour les pédagogues mais, à la fin, nocive pour l'enfant. C'est la raison pour laquelle l'Office fédéral de la santé publique et mon département vont poursuivre l'observation du phénomène et émettre des recommandations dans le cadre des possibilités qui nous sont offertes et également des contacts que nous avons avec les médecins cantonaux. Je partage, encore une fois, les conclusions auxquelles vous arrivez quant aux cas dans lesquels la Ritaline peut être prescrite ou non.
J'aimerais aussi profiter de l'occasion qui m'est donnée pour rappeler au producteur de ce nouveau médicament de bien veiller à ne pas dépasser, alors là vraiment très clairement, les limites de la publicité. La publicité est interdite, c'est un médicament qui est soumis à prescription et qui est remboursé. Toute tentative de faire de la publicité ou de faire connaître la Ritaline en dehors des milieux médicaux - ce n'est pas ce que nous faisons aujourd'hui puisque nous attirons l'attention à la fois sur les chances et sur les risques de l'utilisation de ce médicament - serait immédiatement sanctionnée de la part de Swissmedic, chargé du contrôle de l'attitude des producteurs dans ce domaine.
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