Brunner Christiane · Ständerat · 2002-09-19
Brunner Christiane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-09-19
Wortprotokoll
Je prends acte que le Conseil fédéral et l'Office fédéral de la santé publique prennent très au sérieux la question de la prescription de Ritaline. Je suis reconnaissante pour la réponse qui m'a été donnée. Toutefois, je ne suis pas encore tout à fait rassurée par cette réponse, parce qu'il faut quand même rappeler que la prescription de Ritaline a augmenté en Suisse de 690 pour cent entre 1996 et 2000 et si cette augmentation massive arrange bien les affaires de Novartis qui produit cette substance, l'essor de l'industrie chimique n'est pas automatiquement favorable au bien-être et à la santé des enfants.
La question de la prescription de Ritaline pose deux problèmes:
1. Le problème se pose lors du diagnostic de la maladie, c'est-à-dire le trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA). Dans le temps, quand on avait un enfant un peu agité, on attendait que ça passe; maintenant, on l'emmène chez le médecin qui va diagnostiquer le syndrome d'hyperactivité. J'ai quelque réticence à cet égard et aussi un peu d'expérience. Je me rappelle avoir dû aller chez le médecin scolaire pour un de mes fils qu'il considérait obèse, et il l'a dit d'ailleurs devant lui, ce qui m'a très fâchée. Il était bien enveloppé. Je suis quand même allée consulter mon médecin de famille qui a considéré ses tableaux de A à Z pour dire qu'il était un peu dans la limite supérieure. Evidemment, il s'est très bien développé. Dès qu'il a voulu plaire aux filles, il a minci à la vitesse grand V. Maintenant, il est adulte et pas obèse. Donc, les risques de dérapage sont grands, surtout à une époque où les parents eux-mêmes zappent sans arrêt devant la télévision, et on s'étonne ensuite que les enfants aient des problèmes d'attention et de concentration à l'école.
J'étais aussi un peu inquiète en lisant qu'on a même procédé à ce qu'on appelle des "tests diagnostics", c'est-à-dire la prescription de Ritaline pour voir, en fait, si elle était efficace, c'est-à-dire pour voir si l'enfant souffrait effectivement de TDA.
2. Le deuxième problème se pose par la prescription même de la Ritaline en tant que substance, et il y a un certain nombre de rapports scientifiques récents, dont personnellement je ne peux pas évaluer la qualité, qui font état d'effets négatifs à long terme, d'effets éventuellement cancérigènes ou d'effets cumulatifs persistants sur le myocarde. Et même si des effets négatifs sérieux n'apparaissent que dans peu de cas, nous ne pouvons pas les prendre à la légère en ce qui concerne la santé de nos enfants. De surcroît, la prescription de Ritaline en tant que telle ne peut résoudre, à mon avis, que des symptômes et le traitement médicamenteux devrait s'accompagner dans tous les cas de mesures psychothérapeutiques. Donc, il faut suivre parallèlement les deux voies thérapeutiques en question.
Je sais bien que l'Office fédéral de la santé publique n'a pas la compétence d'intervenir auprès des médecins afin qu'un diagnostic soit posé avec tout le soin nécessaire. Toutefois, il peut à mon avis susciter des débats, donner encore plus d'informations et mener ainsi une action préventive sur un plan général. J'attends donc, au-delà des assurances qui me sont données dans la réponse écrite à mon interpellation, que l'Office fédéral de la santé publique fasse un effort particulier et ne renvoie pas seulement la balle aux autorités sanitaires cantonales.
Je me permets de le dire d'une manière humoristique. Au fond, j'attends de la part de l'Office fédéral de la santé publique qu'il devienne lui-même hyperactif et qu'il ne prenne surtout pas de Ritaline!