Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · 2020-09-24
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-09-24
Wortprotokoll
Ma collègue Ryser ira davantage dans le détail de cette initiative. De mon côté, je transmettrai un seul message: nous allons devoir nous occuper de cette question. Une fois ou l'autre et d'une manière ou d'une autre, mais nous allons devoir le faire.
Aujourd'hui, la Suisse n'est pas la plus mauvaise élève concernant la différence entre les salaires. Mais le fossé se creuse néanmoins entre ceux qui s'appauvrissent de plus en plus et ceux qui s'enrichissent de plus en plus. Une raison: le capital privé qui augmente et se transmet de génération en génération. On s'enrichit plus parce qu'on est déjà riche. Il y a trente ans, 1 pour cent des individus les plus riches cumulaient 33 pour cent des richesses. Aujourd'hui, c'est près de 50 pour cent.
Ne sommes-nous pas en train de nous rapprocher d'une société à l'américaine, avec un fossé de plus en plus grand entre les classes sociales, bien loin d'un idéal de cohésion de notre pays? Pourquoi ne veut-on pas mieux répartir la ponction fiscale entre la richesse reliée au travail, donc à l'effort quotidien, et celle reliée au capital? Parce qu'on est très riche et personnellement concerné? Parce qu'on craint que les personnes riches quittent notre pays? Il n'est pas sérieux de servir à chaque fois cet argument lorsqu'on veut opérer des changements. Ce n'est pas ce qui arrivera en cherchant une solution mesurée, équitable et qui réponde aussi aux besoins de notre société. Et nous savons qu'ils sont bien réels, de même qu'est bien réelle l'imposition sur les salaires pour la classe moyenne.
Quel que soit votre avis sur cette initiative, s'attaquer à la question demeure nécessaire. C'est bien ce que propose aussi le contre-projet.