Parmelin Guy · Bundesrat · 2020-12-02
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2020-12-02
Wortprotokoll
La transparence, c'est vraiment une priorité importante. Je crois qu'on est d'accord sur ce point-là. La publication de toutes nos positions officielles sur Internet, comme demandé par la minorité de la commission, serait cependant problématique. Il faut bien voir que nous ne sommes pas seuls dans notre groupe de vote et, afin de trouver des compromis ou d'éviter des conséquences qui peuvent être parfois négatives pour les relations extérieures, il est parfois impératif de garder certaines discussions, certaines positions, confidentielles. Je prends un exemple: en décembre 2019, nous avons dû, au sein de notre groupe, nous prononcer sur l'engagement stratégique de la Banque mondiale en Chine pour la période 2020-2025. Nous avons formulé une position constructive, mais nous avons souligné des points extrêmement critiques en ce qui concerne le climat, en ce qui concerne les standards sociaux, en ce qui concerne le rôle des entreprises étatiques, pour prendre quelques exemples. Or, publier de telles prises de position sur Internet pourrait déclencher des réactions plus négatives des pays visés. Surtout, le fait de soulever de tels points critiques a des implications totalement différentes si vous le faites dans le huis clos ou si vous les publiez sur Internet. A huis clos, vous pouvez vous dire les choses en face, vous pouvez être très strict, très dur parfois, et cela permet parfois, et même souvent, d'obtenir des résultats bien meilleurs que si quelqu'un ou un Etat se retrouve sur la défensive parce qu'il a été cloué au pilori sur la place publique. Donc, dans certains cas, on arrive paradoxalement à être plus efficaces en gardant une certaine réserve.
Le 21 octobre dernier, le Conseil fédéral a proposé d'accepter - il ne faut pas oublier ceci - le postulat 20.3932 déposé par la Commission de politique extérieure du Conseil national. Et ce postulat est mieux adapté pour répondre aux besoins d'informations sur notre travail au sein du Groupe de la Banque mondiale. Ce postulat demande un rapport sur la mise en oeuvre des normes environnementales et sociales du Groupe de la Banque mondiale ainsi que de sa politique de tolérance zéro envers la corruption. L'acceptation de ce postulat nous permettrait d'expliquer en détail comment nous mettons ces points en oeuvre et de renforcer ainsi la confiance du Parlement envers la politique que nous menons dans le cadre des banques multilatérales.
Pour ces raisons, le Conseil fédéral vous demande de suivre la majorité de la Commission de politique extérieure de votre conseil et de rejeter la proposition de la minorité Sommaruga Carlo. [PAGE 1147]