Dandrès Christian · Nationalrat · 2020-12-03
Dandrès Christian · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-12-03
Wortprotokoll
Monsieur le deuxième vice-président, tout d'abord permettez-moi de vous féliciter pour votre élection - je suis très honoré d'être la première personne à laquelle vous passez la parole.
Pour en venir à la question du budget, le groupe socialiste relève que les crédits pour les offices faisant partie de ce bloc se maintiennent, sauf pour ceux où des propositions de minorité ont été déposées. C'est tant mieux, vu notamment les efforts qui ont été consentis en faveur du développement de l'infrastructure ferroviaire. Pour que le transfert modal se poursuive, il faut des transports publics performants et fiables. L'attention sur l'entretien du réseau ferroviaire, qui est fortement sollicité et qui commence à être usagé par endroit, devra être maintenue. La qualité du service public dépend également de la capacité des CFF et des autres compagnies ferroviaires à assurer de bonnes conditions de travail et une relève professionnelle suffisante. Il y a quelques inquiétudes concernant la relève pour les mécaniciens. Il faudra que les CFF y soient particulièrement attentifs.
Le groupe socialiste se préoccupe également des problèmes de sous-effectifs, qui sont dénoncés par les organisations syndicales et qui réduisent la sécurité des passagers et des employés. Il y a eu des situations dramatiques en 2019. Toujours dans le domaine des transports, sans surprise, un grand chantier va s'ouvrir pour le Parlement: c'est la question du secteur de l'aviation civile, qui est presque à l'arrêt et auquel la crise ne permettra sans doute pas de se redéployer. Vu l'importance de ce secteur pour l'intégration internationales de la Suisse, la Confédération ne peut pas se borner à laisser le marché trancher et les compagnies aériennes décider. Je pense notamment à la nécessité d'assurer une bonne desserte en lignes intercontinentales depuis l'aéroport de Genève. On ne peut pas laisser les compagnies comme Swiss, Air China ou Delta Airlines dicter l'avenir de la Genève internationale et de la Genève scientifique, notamment pas celui du Cern.
J'aimerais dire quelques mots sur la politique environnementale. Dans le cadre du débat général, le groupe socialiste a mis en évidence l'ampleur de la crise économique et sociale. Cette crise fait naître le risque politique que des personnes remettent en cause les objectifs qui sont poursuivis dans le cadre de la politique environnementale. Une mobilisation pourrait émerger en faveur d'un report des objectifs environnementaux - en faveur desquels la Suisse s'est [PAGE 2232] engagée - au motif d'alléger les charges des entreprises. Il est assez probable que celles et ceux qui ont refusé d'alléger les charges des petits patrons indépendants par le biais d'une baisse du loyer soutiennent en fait ces démarches. Ces attaques auraient pour conséquence de remettre à beaucoup plus tard les objectifs climatiques, sachant que les sources les plus importantes de pollution sont la consommation d'énergie des bâtiments et les transports, précisément.
Ce risque ne s'est pas réellement concrétisé lors des travaux de la commission, hormis par la demande d'une coupe de près de 13 millions de francs de la part du groupe UDC, qui a été présentée tout à l'heure, concernant la position "Nature et paysage", que la commission a fort heureusement refusée. C'est la minorité Nicolet, que le groupe socialiste vous invite à rejeter.
Au contraire, la majorité de la commission a accepté deux propositions d'augmentation budgétaire: celle, avant-gardiste, de M. Brélaz, en faveur des technologies environnementales et celle, un peu plus terre à terre, que j'ai déposée concernant l'indemnisation des propriétaires de troupeaux et qui est également combattue. La minorité Gmür Alois combat la première avancée et celle de M. Gschwind la seconde. Le groupe socialiste vous invite à rejeter ces deux minorités.
Je dis encore quelques mots sur la proposition de la minorité Brélaz qui vise à allouer 3 millions de francs comme mesure de soutien à la mobilité douce. La crise a permis aussi ce transfert modal, c'est une bonne chose. En attestent les difficultés à obtenir aujourd'hui des vélos en magasin, et c'est tant mieux, d'ailleurs aussi du point de vue de la santé publique.
Le groupe socialiste soutiendra naturellement cette proposition, de même que celle concernant l'Office fédéral de l'énergie sur une question fondamentale: le transfert technologique. Ce crédit doit servir à assurer le passage assez délicat de la phase de développement à la phase de mise sur le marché.