Reynard Mathias · Nationalrat · 2020-12-10
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-12-10
Wortprotokoll
Je prends la parole pour le groupe socialiste à propos des dernières divergences qui subsistent entre le Conseil des Etats et notre conseil au sujet du message relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation pendant les années 2021 à 2024.
Compte tenu du retrait à l'instant de la minorité Atici portant sur le domaine des EPF, deux divergences subsistent.
La première, vraiment essentielle à nos yeux, concerne l'arrêté fédéral numéro 1 relatif au financement de la formation professionnelle. Notre commission et notre conseil demandent en effet de faire passer le crédit d'engagement de 234,2 millions de francs - somme prévue initialement par le Conseil fédéral - à 254,6 millions de francs. Cette hausse des moyens en faveur de la formation professionnelle serait concentrée sur la formation continue et la reconversion professionnelle. Ces augmentations répondent à une demande de longue date du groupe socialiste, qui veut que les moyens investis dans le domaine de la formation ne servent pas qu'à nos prestigieuses écoles - que nous sommes toujours prêts à défendre -, mais soient aussi investis dans la formation continue, dans la formation professionnelle.
Nous voulons en définitive que l'argent public que nous engageons dans le domaine de la formation et de la recherche [PAGE 2452] serve à toutes et tous, à l'ensemble de la population. Surtout, et c'est là l'origine même de cette proposition en commission, ces augmentations sont particulièrement nécessaires dans cette période de crise économique où la formation continue, la reconversion professionnelle, l'acquisition et la validation des compétences sont des éléments essentiels pour une bonne partie des salariés. Ce qui était déjà une réalité avant, du fait de la numérisation et de la transformation de notre économie, est devenu une urgence sociale, en particulier pour les salariés de plus de 50 ans.
Pour rappel, notre conseil a déjà fait le choix d'augmenter de 6 millions de francs les moyens prévus pour les organisations actives dans la formation continue. Sur ce point-là, le Conseil des Etats nous a suivis. En obtenant aussi une hausse pour la formation continue à des fins professionnelles, nous permettrions une vraie offensive ciblée vers l'emploi, vers les travailleuses et les travailleurs, qui sont trop souvent oubliés lors des grands débats que nous avons au sein de ce conseil sur la formation et sur la recherche. Voilà donc du concret, et voilà ce qui devrait être une priorité pour nous toutes et tous, parlementaires, pour l'avenir de la formation dans notre pays.
La deuxième divergence concerne l'arrêté fédéral numéro 10 ouvrant des crédits en faveur des établissements de recherche d'importance nationale. Notre commission et notre conseil, lors du premier traitement de l'objet, ont demandé d'augmenter le plafond des dépenses de 12 millions de francs sur les quatre prochaines années, le faisant passer de 457 à 469 millions de francs. Ces moyens supplémentaires seraient investis dans la recherche 3R. Répartis sur les années 2021 à 2024, ces montants permettraient de tripler la contribution de la Confédération, de 1 à 3 millions de francs par an, et de compléter ainsi les soutiens à cette recherche.
Lors de nos débats en commission à propos de l'initiative "Oui à l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine", que nous traiterons lors d'une future session, la volonté de développer davantage la recherche 3R ces prochaines années a été évoquée à plusieurs reprises, et il s'agit de donner les moyens suffisants pour que cela soit possible.
Le groupe socialiste vous recommande donc de maintenir la position du Conseil national à propos de ces deux propositions visant des hausses de moyens, avec une priorité sur les moyens pour la formation professionnelle et continue, cela afin de finaliser un message FRI à la hauteur des enjeux que devra affronter notre pays ces quatre prochaines années.