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Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-12-10
Wortprotokoll
Le personnel soignant engagé, souvent à la limite de ses forces, dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 ou encore le temps de Noël, des cadeaux et de la fraternité? Non, mon intervention ne concerne ni l'un, ni l'autre. J'entends, en quelques phrases, défendre la motion 18.4219 déposée par notre ancienne collègue Alice Glauser-Zufferey le 12 décembre 2018.
Son texte vise à modifier la loi sur l'assurance-chômage et à prendre les dispositions nécessaires afin d'assurer une prolongation du délai-cadre pour les proches aidants. En une phrase, il s'agit de corriger une injustice.
Les proches aidants - elles et ils - réalisent un travail d'importance. Leur engagement permet d'éviter des surcharges dans les établissements médico-sociaux. Leur accompagnement permet aux malades dont elles et ils prennent soin de rester dans un milieu familier, que ceux-ci apprécient d'ailleurs et qu'ils ont de la peine à quitter. Soutenir ces personnes qui dans un cadre familial prodiguent des soins à un proche malade, handicapé ou âgé n'a rien d'un luxe. L'engagement de ces proches aidants est tout aussi important que de soutenir celles et ceux qui assurent des périodes éducatives. [PAGE 2470]
La réponse du Conseil fédéral me laisse quelque peu songeur, pour ne pas dire plus. Ecoutez-le nous dire qu'octroyer le droit à la prolongation des délais-cadres à l'ensemble des proches aidants revient à leur accorder des droits plus étendus en matière de durée d'indemnisation et de montants, et que cela n'est pas souhaitable, car cela est propre à éveiller un sentiment d'injustice. Et notre gouvernement fédéral d'ajouter qu'il s'agit d'éviter les exceptions. Mais non! Il s'agit simplement de corriger une injustice.
Cette motion bénéficiera aux familles, aux proches aidants et à l'ensemble de la collectivité. La reconnaissance des prestations fournies peut être opérée via une modification de la loi fédérale sur l'assurance-chômage obligatoire et l'indemnité en cas d'insolvabilité, en instaurant un système similaire à celui qui existe pour les parents durant la période d'éducation de leurs enfants. Car, dans la limite légale, ils peuvent bénéficier d'une prolongation du délai-cadre, ce qui leur permet de mieux concilier vie professionnelle et soutien familial.
Cette motion, que je vous appelle vivement à soutenir, corrige une injustice. Elle répond à une nécessité sociale et contribue à resserrer les liens familiaux. Mesdames et Messieurs les membres du Conseil fédéral, l'injustice, c'est que nous devions déposer pareille motion. A vous, chères et chers collègues, merci, au nom de toutes ces personnes dévouées, d'apporter votre soutien à la motion de notre ancienne collègue Mme Glauser-Zufferey.