preparatory:AB 275022
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2020-12-15
Wortprotokoll
Désolé de reprendre la parole, mais je suis un peu inquiet de ce que je viens d'entendre. Utiliser la Constitution pour faire vivre un secteur économique n'est en tout cas pas mon créneau, et cela davantage encore au niveau de la presse, d'autant plus que ce qu'on lui demande, c'est de la créativité.
Je veux bien entendre que la presse écrite est en difficulté, mais nous avons donné des moyens. Nous avons aussi donné des moyens dans le cadre des médias électroniques. Le portail d'informations en ligne Watson.ch s'est implanté en Suisse romande et il commence à éditer au mois de mars, preuve que cela ne fonctionne pas trop mal.
C'est sur la ligne éditoriale qu'il y a eu beaucoup de pertes. La problématique est là. Est-ce notre rôle d'entrer en matière sur la ligne éditoriale d'un journal? Réponse: non. Ce n'est pas à nous d'agir. Ce n'est surtout pas à nous d'agir.
Maintenant, je reprends la version telle qu'elle est proposée. M. Lombardi n'est pas un novice dans le monde des médias, et de loin. Mais observez le texte qu'il a pris. C'est celui qui est dans la Constitution. Il a fait du copier-coller pour le mettre dans les médias privés appartenant aux milieux économiques. Cela ne fonctionne pas, d'autant plus que selon sa proposition de modification de la Constitution, l'article 93 alinéa 4 prévoirait que "les plaintes relatives au programme peuvent être soumises à une autorité indépendante." Or ce système existe déjà. A quoi sert-il de modifier la Constitution pour y inscrire cet alinéa 4? A rien du tout.
Les médias privés - j'insiste, privés - devraient, selon cette initiative parlementaire, contribuer à la formation et au développement culturel, à la libre formation de l'opinion et au divertissement. Est-ce que tous les journaux doivent répondre à ces quatre missions? Réponse: non. Si je n'ai pas envie de parler de culture, je ne parle pas de culture. Si j'ai envie de ne parler que de culture, je parle culture.
Observez la problématique dans les médias. Pourquoi y a-t-il aujourd'hui tant de médias et de journaux libres qui existent? Tout simplement parce qu'ils offrent une autre réponse face à certaines lignes rédactionnelles, et cela est important. Dans ma région, on n'a jamais vu autant de journaux libres exister au niveau local.
Je n'ai donc pas besoin d'inscrire un appui financier dans la Constitution, parce qu'il s'agit en fait de cela. Si j'écoute Mme Mazzone, elle dit : "On a des problèmes, donnez de l'argent." Réponse: non. Clairement non, pour ma part. Que ces médias développent leur ligne rédactionnelle, mettent de l'attractivité tout simplement par leur ligne rédactionnelle. Et si l'on veut donner un coup de main, il faut procéder via la loi.
Tout ce que vous avez évoqué, MM. Juillard ou Rieder, trouve solution dans la loi, et nous avons donné ces derniers temps. On ajoute là dans la Constitution une mission qui n'est en tout cas pas la nôtre, et je vous propose, comme le Conseil national, de refuser cette initiative.