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Crottaz Brigitte · Nationalrat · 2021-03-04

Crottaz Brigitte · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-03-04

Wortprotokoll

Le rapport qui nous est soumis est très complet et fait bien sûr état des répercussions sur les différents thèmes de la crise sanitaire qui a commencé dans notre pays au début de l'année sous revue. Mais, contrairement à M. Nidegger, je ne vais pas me focaliser sur ce problème.

Le chiffre 3 traite de l'accord institutionnel avec l'Union européenne, sur lequel malheureusement les choses n'ont pas beaucoup avancé. L'Union européenne reste pourtant, et de loin, notre principal partenaire économique du fait de l'accès au marché interne européen et de notre situation géographique. Mais nos échanges se basent sur un accord de libre-échange qui date de 1972 considéré comme dépassé. Il y a donc un besoin impérieux de le réviser. Dire que l'on peut se passer de l'Union européenne et qu'il suffit de remplacer nos accords avec des partenaires hors de l'Union européenne est un non-sens en termes de pollution et d'émissions de gaz à effet de serre engendrées par le transport de marchandises qui proviennent de l'autre bout du monde. De notre point de vue, la Suisse doit réduire son empreinte écologique dans le commerce international. Nous avons aussi pu voir, au cours de cette crise, à quel point une coopération avec les pays voisins et les pays proches est importante.

Le chiffre 6.3 traite des accords de libre-échange. Nous saluons le fait que le Conseil fédéral ait accepté d'y faire figurer [PAGE 160] des notions en rapport avec la durabilité. Mais ces conditions doivent pouvoir être vérifiées et les cas de non-respect sanctionnés. Cela permettrait a minima la mise en place d'une partie des revendications qui figuraient dans l'initiative "pour des multinationales responsables".

La question du soutien politique interne à notre politique économique extérieure n'est guère abordée. De notre point de vue, il ne suffit plus que le Conseil fédéral ou le SECO négocient des accords à huis clos. Le groupe socialiste exige donc qu'une loi globale sur le commerce extérieur soit élaborée, dans laquelle seraient détaillés les critères selon lesquels les accords de libre-échange sont conclus. Il serait également important que les règles de durabilité introduites dans les accords conclus par l'AELE, comme celui avec l'Indonésie, soient consolidées sur le plan international, par exemple à l'OMC.

Le Covid-19 a prétérité les efforts de réforme en cours au sein de cette institution, mais nous mettons beaucoup d'espoir dans la nomination de la nouvelle directrice générale de l'OMC, Mme Ngozi Okonjo-Iweala, qui s'attellera à la tâche de rétablir un Etat de droit économique international mondial. Le multilatéralisme fondé sur des règles fixées dans le cadre de l'OMC est une priorité pour le groupe socialiste.