Walder Nicolas · Nationalrat · 2021-03-10
Walder Nicolas · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2021-03-10
Wortprotokoll
L'initiative populaire "Oui à l'interdiction de l'expérimentation animale et humaine" nous amène à réfléchir à un dilemme sociétal crucial: l'exploitation de l'animal par l'homme. A-t-on le droit d'utiliser la souffrance animale pour notre bien-être au nom du progrès? La réponse est complexe. Nous pouvons néanmoins nous accorder sur le fait que la souffrance animale générée par l'homme pose un problème éthique et que cette souffrance, lorsqu'elle résulte de cruauté ou qu'elle est inutile, est inacceptable. C'est pourquoi il est de notre devoir de la minimiser et, si possible, de l'éliminer.
Pourtant, tout en soulevant les bonnes questions, cette initiative propose malheureusement des solutions irréalisables. Car en interdisant sans exception toutes les expérimentations animales, toutes les expérimentations humaines et toutes les importations qui sont liées à des expérimentations animales ou humaines, ce texte serait tout simplement impossible à mettre en oeuvre. Mais, je l'ai déjà dit, cette initiative soulève de bonnes questions, et pour cela je remercie les initiants. Car, avec elles et eux, je partage l'objectif de tout entreprendre pour minimiser le plus possible la souffrance animale.
Et si, pour la majorité de la commission, l'expérimentation animale est un mal nécessaire qui justifierait de ne rien faire, je dis au contraire que cela justifie d'agir. Car le mal, lorsqu'il n'est pas absolument indispensable, doit être combattu. Il est donc de notre devoir d'encourager tous les moyens et toutes les méthodes alternatives permettant de réduire le nombre d'animaux utilisés et le degré de souffrance qui leur est infligé.
Dès lors, il faut investir massivement dans les technologies éthiques basées sur le principe des 3R. Le programme national de recherche 79 est un pas dans ce sens. Il est à saluer. Mais il reste malheureusement insuffisant pour atteindre des objectifs ambitieux. Il faut que les financements publics soient dirigés en priorité vers ces technologies de recherche. Il faut travailler sur la réduction du degré de souffrance des animaux utilisés.
Enfin, il faut se poser la question de savoir si le développement de nouveaux pesticides, qui, d'ailleurs, participent un peu plus à détruire notre planète, justifie vraiment de sacrifier des vies.
Chères et chers Homo sapiens, je suis persuadé qu'en encadrant mieux la recherche et en finançant plus généreusement les technologies alternatives, nous pourrions épargner cette souffrance à une part non négligeable des centaines de milliers d'animaux encore utilisés annuellement, rien qu'en Suisse, dans la recherche. C'est pourquoi je vous appelle à soutenir les deux minorités Python et Schneider Meret, ainsi que la proposition Christ, qui demandent que l'on travaille sur un contre-projet afin de fixer ensemble des objectifs enthousiasmants, cohérents et réalistes, pour que notre pays sorte peu à peu de l'expérimentation animale et devienne ainsi un petit peu plus humain.