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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2021-06-07

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2021-06-07

Wortprotokoll

Comme nous venons de l'entendre, certains considèrent que la crise que nous venons de traverser va détruire les générations futures, et ce quasiment pour l'éternité, et qu'il s'agit donc de procéder instantanément à des économies drastiques. D'autres, un peu plus réalistes, relèvent d'autres réalités. En fait, nous venons de vivre, et nous sommes encore en train de vivre, cette année, une crise économique. On a réussi à y remédier et on verra si cela durera encore avec la sortie du régime des RHT. Et puis nous venons également de vivre une crise financière majeure. La première chose que l'on peut constater, c'est que nous y avons assez bien résisté, voire un peu mieux. Indépendamment du problème de l'AVS, dont l'amélioration de la situation est due à des décisions prises avant la crise du Covid-19, mais qui, tout compris, représente quasi 2 milliards de francs de bénéfice entre le compte ordinaire et les placements, ce qui constitue un pas dans la bonne direction - c'est le moins que l'on puisse dire -, il faut analyser aussi tous les crédits que nous avons débloqués. Nous avons approuvé pour à peu près 31 milliards de francs de crédits particuliers liés à la crise du Covid-19. Or, moins de la moitié de cette somme a été dépensée. Cela signifie que soit nous avons eu trop peur, soit le système s'est mieux comporté que prévu, en conséquence de quoi l'addition globale est plus faible.

La deuxième chose que nous devons remarquer, c'est que les emprunts autorisés, ceux que nous cautionnons pour potentiellement plus de 40 milliards de francs, sont beaucoup moins utilisés. Et puis même s'il y a hélas quelques fraudes, eh bien on voit quand même que ce sont des montants faibles qui seront finalement perdus et pour lesquels nous devrons exercer un cautionnement qui s'étalera sur cinq à six ans, donc sans incidence sensible sur le budget ou les comptes.

Et puis, ce qui est le plus intéressant à analyser, c'est ce qu'il se passe du point de vue de la dette. L'endettement global de la Suisse s'élève, ô horreur, à 29,1 pour cent du produit intérieur brut. Cela comprend les cantons, les communes et la Confédération. Pour la part fédérale, l'endettement est de 14,7 pour cent. Heureux pays! En comparaison internationale, il n'y a guère que la Suède - à l'exception du cas particulier du fonds souverain norvégien - qui n'est pas très loin, avec 38,3 pour cent. Tous les autres pays de l'Union européenne sont en moyenne à 101 pour cent et cela augmentera encore un peu cette année. Nous pouvons craindre d'arriver à 33-34 pour cent au maximum. C'est très bas par rapport aux critères de Maastricht et il n'y a en tout cas pas de raison de paniquer.

Il est clair maintenant qu'il y a deux manières de procéder. La première: les coupes brutales, telles que préconisées par l'UDC. Certains voulaient aller jusqu'à 5 à 6 milliards de francs par an, puis après, bien sûr, ce n'est pas de leur faute si l'on coupe. La deuxième, beaucoup plus intelligente, est de réaménager un peu le système. On se trouve avec une situation où chaque année on met de l'argent dans le compte de régulation - c'est le bénéfice annuel - en tenant compte également des critères de situation économique et on arrive à 29 milliards de francs. C'est une des sources possibles, à utiliser à la fin, pour résoudre le problème.

Bien sûr, l'autre point très important est de ne plus affecter les bénéfices annuels à un compte, disons, un peu folklorique de beauté, mais à les affecter effectivement à la réduction [PAGE 1088] de la dette. On peut compter au moins 1 milliard de francs par année, et si l'on est aussi prudent que d'habitude avec l'estimation des recettes, cela peut même être 3 milliards de francs.

Voilà des méthodes simples, sans avoir besoin de couper brutalement où que ce soit, qui peuvent mener à une sortie de crise sans douleur. Ceux qui aiment vraiment les douleurs, et que cela fasse mal, essayeront de faire autre chose. Le groupe des Verts se contente de solutions de bon sens.