Berset Alain · Bundesrat · 2021-06-07
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2021-06-07
Wortprotokoll
Je suis vraiment désolé que la réponse ait été jugée insatisfaisante. Il est vrai que lorsqu'on lit l'interpellation, il est fait référence au début du texte aux problèmes que nous avons aujourd'hui avec le Covid-19, mais les questions suivantes sur l'apport en compléments ou en vitamines nous ont paru être beaucoup plus générales. Nous les avons donc traitées sous l'angle d'une situation générale face aux infections, et pas uniquement en lien avec la situation liée au Covid-19.
S'agissant de questions portant sur l'alimentation, c'est l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires qui est compétent. S'agissant d'évaluer, par exemple, des carences dans certains domaines liés à la santé, ce sont [PAGE 499] les praticiens et les médecins sur le terrain qui sont compétents. Nous sommes pour notre part relativement prudents lorsqu'il s'agit d'indiquer quels sont les éléments qu'il faudrait mettre en oeuvre pour "booster" le système immunitaire ou pour être en bonne santé. Nous donnons bien sûr des recommandations générales de comportement, comme faire un peu de sport, ou des recommandations liées à la consommation modérée d'alcool ou de tabac ou à la consommation quotidienne de fruits et de légumes, etc. Mais nous ne disons pas aux gens comment ils doivent vivre en général et nous ne cherchons pas à dicter aux médecins, au corps médical et au système de santé ce qu'ils devraient juger bon de faire.
Jusqu'à présent, nous avons fait d'assez bonnes expériences avec cette manière de procéder. Autrement dit, si j'ose l'expression, nous n'avons pas de médecine d'Etat qui expliquerait aux médecins comment ils doivent travailler. Au contraire, la liberté des praticiens, qui sont les mieux à même de juger de la situation de leurs patientes et patients, est très importante. Cela permet non seulement d'être plus proche du terrain et des personnes, mais cela permet également de tenir beaucoup plus rapidement compte des preuves scientifiques pour s'adapter.
Pour ouvrir une parenthèse en rapport avec le Covid-19, cette manière de faire a par exemple permis que des médicaments soient essayés pour aider les patients qui en avaient vraiment besoin, de manière à voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
C'est un peu une autre question. Donc, on a peut-être mal interprété votre question, en pensant qu'elle portait davantage sur des questions générales d'alimentation. Nous avons donc répondu dans ce sens-là.
S'il devait s'agir de prendre position sur le rôle des carences et des apports en vitamine D dans les évolutions en matière d'infection, le Conseil fédéral serait certainement très réservé sur ce point. En effet, on part de l'idée que dès le moment où une autorité politique se met à vouloir remplacer un peu les spécialistes et à dire que l'on sait très bien qu'il faudrait un peu plus de ceci ou de cela, on n'est plus vraiment dans notre système de santé, qui fonctionne justement avec beaucoup plus de liberté pour les praticiens. En outre, je ne crois pas que ce puisse être vraiment le rôle de l'autorité politique de dire à quoi il faut faire attention en termes de carences et d'apports en compléments alimentaires ou en d'autres choses pour les personnes concernées. Donc, on laisse cela sur le plan direct de la relation entre le médecin et les personnes concernées.
Cela dit, si vous souhaitez avoir des informations complémentaires ou recevoir ce que l'on peut livrer sur les éléments qui manqueraient dans la réponse apportée par le Conseil fédéral, j'aimerais vous proposer que l'on soit très rapidement en contact, peut-être aussi directement avec l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires et éventuellement avec l'Office fédéral de la santé publique, pour examiner quels éléments de la question vous souhaitez voir approfondis.
Dans ce cadre-là, j'aimerais mentionner le rôle très important pour nous de la "Swiss National Covid-19 Science Task Force" dans le cadre de l'épidémie de Covid: elle dispose de groupes de travail qui se sont précisément inquiétés de ce sujet et qui ont travaillé sur ces questions, aussi pour faire avancer les connaissances et la transmission des avis et des connaissances de la communauté scientifique au sein de tous les groupes intéressés dans notre pays. Donc on peut certainement faire un "Nachtrag" pour préciser encore ces questions, si vous le souhaitez.