Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-12-05
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-12-05
Wortprotokoll
Monsieur le philosophe et conseiller national, je fais d'abord une déclaration d'humilité. Si la philosophie m'intéresse, je ne suis pas un spécialiste comme vous, et je ne m'engagerai pas dans un débat de haut niveau dans le domaine de la philosophie, car je crois que j'ai perdu d'avance. J'ai dit d'ailleurs dans mon intervention que j'ai assisté à des débats intéressants sur la notion de conflit de conscience. On a cité Kant, et probablement que vous seriez prêt à me donner plus de renseignements sur la vision kantienne de la conscience, de l'impératif moral, de l'impératif absolu.
Par contre, ce que j'ai vu et ce que j'ai pu juger comme praticien qui a défendu des objecteurs de conscience devant les [PAGE 1960] tribunaux militaires, c'est que dans la pratique les tribunaux militaire, et ici les commissions spécialisées, sentent bien la psychologie de la personne qui se trouve en face d'eux. Les commissions sentent si, derrière l'énoncé verbal, il y a véritablement une pression intérieure qui interdit à quelqu'un de porter les armes et qui le pousse à essayer de servir la communauté humaine et nationale en effectuant un autre type de service.
Finalement, lorsqu'on demande à un citoyen de voter, on ne lui demande pas de comprendre l'économie, la politique, la philosophie; on lui demande de se décider en fonction du bon sens. C'est en grande partie ce que fait la commission. Je renonce à faire un débat dans lequel vous seriez nettement supérieur - heureusement! - parce que sinon, à quoi serviraient les études de philosophie?