Marra Ada · Nationalrat · 2021-06-15
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-06-15
Wortprotokoll
Ici nous traitons de l'autorisation de voyager pour les personnes détentrices d'un permis F. Comme cela a déjà été dit, la pratique actuelle contenue dans l'ordonnance interdit à ces personnes de retourner dans leur pays d'origine ou dans tout autre pays. Au lieu de revenir sur cette situation, on veut l'ancrer dans la loi.
Dans l'état actuel des choses, une personne ayant un permis F ne peut pas rendre visite aux membres de sa famille, à son frère en France, à ses parents en Italie ou à des cousins en Allemagne ou ailleurs. C'est cela la réalité, et c'est inhumain. Des gens qui fuient des réalités difficiles de leur pays, qui se retrouvent dans un pays d'accueil pour de longues années - qui ne fait pas grand-chose pour leur intégration - ne peuvent pas aller chercher du réconfort auprès de leur famille, ne peuvent pas revoir leurs proches, et ce durant des années!
Est-ce que les membres de ce conseil ont encore une capacité d'empathie et de l'humanité? Peut-être que la notion de famille est devenue moins importante pour notre société, mais pour d'autres personnes ce n'est pas le cas. Le fait que la délégation du groupe du Centre à la Commission des institutions politiques s'oppose à ces voyages représente une aberration d'un point de vue chrétien.
La Suisse devient donc une cage, une prison pour ces gens qui n'ont commis aucun crime. Est-ce vraiment digne d'un pays qui se réclame le pays des droits de l'homme? Toutes les organisations humanitaires possibles se sont émues, voire révoltées contre cette proposition. Tout le conseil devrait se soulever contre cette pratique.
Il est temps de considérer au moins un peu ces êtres humains et leur situation de vie. La majorité de la commission l'a [PAGE 1347] bien compris et veut revenir sur cette pratique, qui engendre souffrance et incompréhension, en autorisant les détenteurs de permis F à aller rendre visite à leur famille dans les pays de l'espace Schengen.
Nous l'avons dit, c'est pour cette raison que le groupe socialiste est entré en matière sur ce projet de loi. Nous vous demandons de suivre la majorité de la commission et de rejeter la minorité Pfister Gerhard; elle représente une verrue sur les valeurs démocratiques de notre pays.
Dans le prochain bloc, il y aura une tentative d'améliorer la situation des détenteurs de permis F en leur permettant de trouver un travail. Posons-nous la question du comment on en est arrivé dans ce pays à empêcher des choses évidentes, comme changer de canton de résidence pour un détenteur de permis F s'il a trouvé du travail ou pour des raisons de formation professionnelle.
Alors même que beaucoup ici s'émeuvent du fait que les personnes au bénéfice du permis F sont trop souvent à l'aide sociale, comment ne comprend-on pas que la hargne contre cette partie de la population migrante nous pousse à des paradoxes complètement fous?
Le groupe socialiste estime que ce statut d'admission provisoire est un non-sens migratoire et politique. Une mise au placard qui pourrit la situation des personnes concernées, et nuit à la cohésion sociale de notre pays.
Cet article 59e constitue donc un minimum. Mais il nous faudra tous nous mettre autour d'une table pour repenser ce statut - ce permis F -, comme voulait le faire la CIP-E en 2018. C'est un appel solennel que je vous fais ici.
Merci de suivre la majorité et non pas la minorité, à l'article 59e alinéa 3bis.