AB 285613
Roth Pasquier Marie-France · Nationalrat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-06-16
Wortprotokoll
Lors de sa séance d'avril 2021, notre commission a traité en détail des effets de la crise du coronavirus sur les jeunes. Il s'agit de la situation aussi bien des étudiants que des personnes en formation professionnelle.
A l'occasion de cette discussion, nous avons également traité de la santé mentale des jeunes et avons voté en faveur du présent postulat par 14 voix contre 8 et 2 abstentions.
Que contient ce postulat? La crise du coronavirus et ses conséquences indirectes représentent d'importants défis pour les familles, pour les établissements d'enseignement et, surtout, pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Les avertissements répétés des milieux spécialisés et des professionnels confirment ce constat. En outre, il est probable que les effets de la crise sur la santé psychique se feront sentir à plus long terme. Nous estimons que des mesures doivent être prises. Il manque cependant une vue d'ensemble de la situation actuelle en Suisse.
Le Conseil fédéral est donc prié de présenter le plus tôt possible un rapport faisant état de la situation et montrant quelles sont les conséquences de la crise du coronavirus sur la santé psychique des enfants et des jeunes. Il est également invité à proposer des mesures concrètes visant à préserver la santé psychique des enfants, des adolescents et des jeunes adultes et à leur garantir l'aide psychologique dont ils ont besoin.
La crise du coronavirus a un fort impact sur la santé mentale des enfants et des jeunes en raison des restrictions durables des contacts et de la perte des activités extrascolaires. Les enfants et les adolescents passent plus de temps à la maison, ce qui peut entraîner une augmentation des conflits. Cela a été particulièrement problématique, car les expériences sociales à cet âge sont importantes pour le développement personnel, et bien que les mesures concernant les enfants et les jeunes jusqu'à l'âge de 20 ans aient été assouplies depuis la fin du mois de février et que l'enseignement en face à face dans les universités et les hautes écoles soit à nouveau autorisé depuis le 19 avril, les étudiants ont été fortement limités dans leur parcours éducatif et leurs contacts sociaux pendant près d'un an par l'enseignement à distance et par d'autres restrictions. L'urgence d'agir est confirmée par les milieux spécialisés.
Les professionnels s'expriment avec beaucoup d'inquiétude. Les exemples sont nombreux, je n'en citerai que quelques-uns pour compléter ceux que ma collègue a déjà évoqués tout à l'heure. D'après deux études des universités de Bâle et de Zurich, les chiffres actuels sur la santé mentale des [PAGE 1407] jeunes montrent que les jeunes de 14 à 24 ans souffrent davantage de signes graves de dépression. Dans sa lettre au Conseil fédéral du 25 février 2021, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique indique que la pandémie a de graves répercussions sur la jeune génération et que l'enseignement en présentiel est donc central. Elle se dit très préoccupée par les conséquences graves sur la situation des étudiants du degré tertiaire, du point de vue de leur formation comme du point de vue social et psychologique. Selon une lettre de l'Union des étudiants de Suisse qui date du 8 avril 2021, les enquêtes menées dans différentes universités montrent une image préoccupante, car[NB]le[NB]nombre d'étudiants souffrant de problèmes psychologiques a massivement augmenté. Enfin, selon la task force Covid-19, les niveaux de stress à l'automne 2020 ont augmenté de manière significative par rapport à la première enquête qui avait été menée en avril 2020. Cette hausse s'est accompagnée d'une augmentation des symptômes dépressifs. Dans ce contexte, les jeunes sont ceux qui souffrent le plus de problèmes de santé psychique.
Bien qu'une minorité de la commission partage le point de vue selon lequel la santé mentale de nos jeunes devrait être considérée comme une priorité, elle estime cependant qu'il n'est pas nécessaire de collecter des données à cette fin, que cette tâche incombe principalement aux parents et que les mesures actuelles sont suffisantes.
Au nom de la commission, je vous demande de transmettre ce postulat afin que nous disposions d'une base de données à partir de laquelle nous pourrons prendre des mesures concrètes.