Hurni Baptiste · Nationalrat · 2021-09-16
Hurni Baptiste · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-09-16
Wortprotokoll
La crise du coronavirus frappe notre pays, notre continent et notre planète depuis maintenant un an et demi. Devant l'urgence, le rôle des autorités aura été et demeure avant tout de protéger la population, de sauvegarder nos capacités hospitalières et de soutenir l'économie et les travailleurs.
Néanmoins, cette pandémie, avec son lot de quarantaines, confinements, mises à mal des activités sociales et culturelles, coupures de relations, a créé des dégâts importants sur la santé mentale de la population. On pense en particulier à celles et ceux déjà fragilisés avant la pandémie qui représentent une catégorie à risques selon l'Observatoire suisse de la santé.
Plusieurs médecins font ce constat sur la base de leur pratique et nous n'avons pas de raison de remettre leur parole en cause. Par ailleurs, les règles, notamment sur les consultations par vidéoconférence, ont parfois semblé très éloignées de la réalité vécue lors de la pandémie, quand il fallait limiter les contacts sociaux. Néanmoins, tout ceci confine au sentiment, ou à une impression, car nous ne disposons d'aucune étude consolidée et d'aucun chiffre concret sur l'état de la santé mentale de la population suisse.
Il nous paraît important - et manifestement le Conseil fédéral, qui propose d'adopter le postulat, partage ce constat - de pouvoir mener une telle étude, ainsi que de pouvoir esquisser les pistes pour améliorer la santé mentale. Si vous me passez l'expression, il s'agit un peu du service après-vente de la crise sanitaire. Cette étude doit permettre, si ses résultats l'imposent, de mettre en place une stratégie pour que la pandémie ne laisse pas de trop grands stigmates.
Et que cela soit dit ici, il ne faut pas déduire de ce postulat une exigence de développement de prestations ou une quelconque revendication d'ajouter des éléments au dispositif actuel. Il s'agit purement et simplement d'évaluer si la crise a eu un effet négatif sur la santé mentale des Suissesses et des Suisses et, si tel devait être le cas, de proposer quelques pistes en la matière pour améliorer la situation et pour que le dispositif soit plus efficace s'il devait y avoir une prochaine fois - ce qu'évidemment personne ne souhaite. Il s'agit d'un premier pas nécessaire pour disposer de données consolidées et fiables qui nous permettront de prendre, en cas de besoin, des mesures pertinentes.
Nous le devons à notre population et je vous remercie de votre soutien.