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Roduit Benjamin · Nationalrat · 2021-09-16

Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-09-16

Wortprotokoll

La pandémie a mis en exergue les défis liés à la santé des enfants. Les nombreuses interventions parlementaires et les divers rapports quant à la santé psychique ou au stress des enfants et des jeunes démontrent l'importance d'avoir une vision d'ensemble, mais aussi la nécessité de développer des mesures adéquates pour assurer leur développement sain.

Et c'est là que ma motion prend tout son sens. En effet, de nombreux pays, au contraire de la Suisse, disposent depuis longtemps d'une étude de cohorte sur les enfants et les adolescents. Qu'est-ce qu'une étude de cohorte? Il s'agit ici de suivre pendant une longue période un grand nombre d'enfants et d'adolescents choisis indépendamment de leur état de santé et d'étudier les facteurs qui contribuent au risque de développement des maladies: alimentation, exercice physique, habitudes de vie, environnement, contexte socioéconomique, etc.

De ce point de vue, les cohortes constituent l'un des instruments de référence les plus pertinents pour la recherche en santé publique. Et cela est essentiel si l'on veut maîtriser les coûts de la santé. Bien connaître la santé des enfants et des adolescents, vous le savez très bien, permet de faire des économies notables en matière de santé publique sur le long terme.

Le Conseil fédéral lui-même reconnaît dans sa réponse qu'il existe des lacunes en matière de données relatives à la santé des enfants et des adolescents. Le manifeste pour la santé des enfants et adolescents et le rapport national sur la santé de l'Observatoire suisse de la santé (Obsan) arrivent à la même conclusion.

Prenons l'exemple de la consommation de boissons énergisantes qui, du point de vue de la santé, est particulièrement problématique chez les jeunes. Dans une réponse à l'interpellation 17.3719, déposée en 2017, le Conseil fédéral prend comme référence une étude "Health Behaviour in School-aged Children" (HBSC) effectuée sur des jeunes de 11 à 15 ans. L'institut allemand d'évaluation des risques, dans un document daté de mai 2019, prend position à ce sujet sans ambiguïté - et généralement, cet institut est assez prudent dans ses réponses: en Suisse, eh bien il n'existe pas de recensement pour les enfants de moins de onze ans, alors que cette frange de la population consomme aussi régulièrement des boissons énergisantes.

De plus, dans ce type d'études HBSC, souvent citées par le Conseil fédéral jusque dans la réponse à ma motion, on observe à chaque fois des enfants différents. Le projet de cohorte que je présente dans ma motion vise au contraire à offrir un bien meilleur suivi et, du coup, à produire des informations et des connaissances plus précises.

On pourrait citer aussi d'autres domaines, comme celui de la santé mentale, qui est devenu particulièrement sensible. On sait que de nombreux troubles mentaux commencent dès l'enfance et l'adolescence. Mais, pour avoir une idée précise, il faut réaliser des études fiables.

Enfin, l'argument d'une étude "Swiss made" ne doit pas être négligé. Pouvons-nous être dépendants, en l'état actuel et au coeur de la pandémie, des statistiques produites à l'étranger, [PAGE 1666] sans certitude qu'elles correspondent effectivement aux pratiques et aux modes de vie des jeunes Suisses?

Pour toutes ces raisons, je vous invite à accepter ma motion, soutenue d'ailleurs par Santé publique Suisse.