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Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · 2021-09-20

Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2021-09-20

Wortprotokoll

Moins de camions sur les routes, des marchandises mues exclusivement par les énergies renouvelables, un pas important vers une mobilité décarbonnée, un concept qui va jusqu'à la distribution urbaine, une réduction drastique des nuisances sonores et des polluants atmosphériques, une amélioration de la sécurité sur les routes: le projet de transférer le trafic de marchandises sous terre a de quoi faire rêver.

Notre groupe soutiendra cette loi qui créé des conditions-cadres pour permettre le développement d'infrastructures souterraines. Mais - mais! - nous restons critiques sur ce projet, pour deux raisons essentiellement. La première tient au fait que pour les Verts, si l'on construit une infrastructure supplémentaire, cela ne doit pas être une incitation à transporter toujours plus et à remplir ces nouvelles capacités. Il faut transporter mieux, avec moins de nuisances. Or, à ce stade, cela est loin d'être gagné. Tout d'abord parce que le Conseil fédéral reste ancré dans une vision d'essor continu des biens à transporter et dans le dogme du libre choix du mode de transport. Le fait que la croissance de la population engendre l'augmentation de la consommation et du transport est perçu comme un axiome indiscutable. Comme si l'urgence climatique et l'effondrement de la biodiversité ne devaient pas changer cette donne en poussant à consommer autrement et à réduire les kilomètres.

Ainsi, pour le groupe des Verts, si cette infrastructure est un jour construite, il faudra l'intégrer dans la planification des transports, afin de pouvoir développer une vision globale visant à réduire les transports inutiles et les nuisances pour la société engendrées par le fret. L'objectif doit être de transporter le plus grand nombre possible de marchandises sans recourir aux combustibles fossiles, et pas simplement de passer du rail de surface au rail souterrain. Cela ne ferait pas sens. Pour cela, il faut une stratégie claire visant à réduire les kilomètres parcourus et à organiser de manière écologique ceux qui sont inévitables. Ce qui est possible dans les Alpes doit l'être sur le Plateau.

Notre seconde réticence provient de l'impact qu'aura ce projet. Le message du Conseil fédéral est à ce propos peu rassurant. En ce sens, je contredis tout à fait ce qui a été dit par la rapporteuse. Le Conseil fédéral dit qu'il faut revoir à la baisse une partie des effets bénéfiques escomptés par le projet présenté par les promoteurs de CST. Dans le message, il est écrit noir sur blanc: "il n'a pas été possible de prouver statistiquement que la réalisation du projet pourrait générer un avantage important pour la collectivité".

Si les experts confirment que le projet aura des effets économiques positifs pour les investisseurs et l'industrie de la construction, ils nuancent par contre nettement son bilan économique et environnemental pour la société. En effet, concernant le délestage du trafic routier sur les routes nationales, les experts revoient à la baisse les prévisions de CST. Pour eux, on ne peut pas attendre plus de 10 pour cent de délestage aux heures de pointe, donc bien moins que ce qui a été dit par le rapporteur de la commission. Il n'y a donc pas de quoi éliminer les engorgements actuels, contrairement à ce que prétend et ambitionne CST. Ensuite, il risque d'y avoir une croissance du trafic dans les zones urbaines. Enfin, concernant le bilan écologique du projet, il n'est, pour les experts de la Confédération, pas du tout acquis - nous reviendrons sur ce point lors de la présentation des propositions de minorité du bloc 1.