Beck Serge · Nationalrat · 2000-03-22
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2000-03-22
Wortprotokoll
Nous avons entendu certains partisans de l'initiative reprocher à ce débat de prendre une tournure de division gauche/droite. Eh bien, les initiants en portent l'entière responsabilité et je vous cite mot à mot une partie de leur argumentaire (message p. 8): "Toujours plus souvent, la majorité parlementaire met la gauche et les Verts en difficulté politique pour les diviser avec succès." Est-ce un objectif raisonnable que de prévoir une réforme institutionnelle, une réforme constitutionnelle pour renforcer la cohésion de la gauche et des Verts? Je ne le crois pas. Ces mêmes partisans, comme ils l'ont fait en commission, font un paquet entre cette initiative et le rapprochement avec l'Europe, alors même qu'ils reprochent l'aspect "paquet" des décisions législatives. Je crois que nous avons à les suivre pour ne pas nous laisser ficeler!
Le Parlement n'a pas la science infuse, et il convient de le réaffirmer. Mais il reste le lieu privilégié et adéquat pour la conciliation législative des intérêts divergents. Et finalement, lorsque M. Rennwald condamnait tout à l'heure les résultats de la 10e révision de l'AVS, c'est l'équilibre qu'il trouve inadmissible, cet équilibre des intérêts indispensable à la pérennité d'un régime social tel celui de l'AVS. D'autres ont déploré les difficultés des alliances des extrêmes de ce Parlement pour s'opposer à tel ou tel projet. Eh bien, c'est là notre responsabilité parlementaire que d'évaluer l'opportunité des alliances, qu'elles soient objectives ou subjectives, à l'égard des projets qui nous sont soumis.
On a également dénoncé les dérapages que peuvent introduire les mesures visant soi-disant à renforcer les droits du peuple, alors que celui-ci ne détient pas les moyens d'appréciation sur des aspects ponctuels d'un projet. Et là, j'aimerais attirer votre attention sur les dangers d'une telle argumentation et attirer en particulier l'attention de M. Gross Andreas. Finalement, vous allez, Monsieur, dans le même sens que l'initiative Denner que vous dénonciez tout à l'heure, parce que cette initiative vise à court-circuiter et à déstabiliser le débat parlementaire. Et j'aimerais vous rendre attentifs aux dangers qu'il y a à utiliser l'argumentation consistant à dire qu'il faut mieux répartir la souveraineté entre le peuple et le Parlement. C'est avec de tels arguments qu'à Emmen, on a introduit une procédure inique de naturalisation. Je crois donc qu'il y a lieu de préserver le rôle fondamental de conciliation des intérêts que doit assumer le Parlement, rôle qui est un des fondements de notre démocratie.
C'est la raison pour laquelle je ne peux que vous inviter à soutenir la proposition de majorité.