Bendahan Samuel · Nationalrat · 2021-09-30
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-09-30
Wortprotokoll
Après cette douce musique, je me permets quand même de présenter quelques arguments qui expliquent, en réalité, le revirement important et juste de plusieurs personnes en séance de commission. La question que pose une forte minorité de la commission est la suivante: doit-on encore, dans le contexte actuel, péjorer les finances fédérales de 219 millions de francs chaque année pour un bénéfice économique nul? C'est drôle, j'ai un peu l'impression de me répéter, parce qu'à chaque fois que je m'exprime à la tribune ces quelques derniers jours, c'est pour dire la même chose, il y a juste le chiffre qui change: des fois, c'est 570 millions de francs; des fois, 250 millions; des fois, c'est presque 2 milliards. Cela coûte toujours, on ne sait pas vraiment quel résultat cela aura pour la Confédération, ni pour les gens. Une chose est certaine: cela fera mal.
C'est toujours la même chose: une douleur qui ne se ressent pas maintenant, mais plus tard, ne fait pas mal sur le moment. C'est clair, lorsque de l'argent sera sacrifié plus tard, on ne s'en rend pas compte. C'est un peu pour cela que des personnes font des dépenses impulsives: on achète maintenant pour une satisfaction immédiate, mais on ne se rend pas compte en fait de la difficulté dans laquelle on sera plus tard. De la même manière, le cumul des comportements d'achat compulsif de cadeaux fiscaux pour les très grosses entreprises et le secteur financier - parce c'est de cela qu'on parle aujourd'hui - aura des conséquences que la population devra payer un jour.
C'est pour éviter que la facture ne soit trop lourde que nous sommes ici pour défendre la minorité, qui dit que cela suffit maintenant. Projets 1, 2, 3, 4, impôt anticipé et droits industriels: cela suffit. Nous avons à penser au bien commun. Lorsque nous sortirons de la crise liée au coronavirus, les moyens seront absolument nécessaires. C'est le moment de dire stop. [PAGE 2009]
La réflexion est la suivante. Avec ce projet, nous ne nous posons que la question des transactions financières suisses - donc d'actions et d'obligations suisses - et celle de l'assurance-vie, un projet sur lequel, d'ailleurs, une majorité semble ne plus vouloir entrer en matière. Eh bien, pour ces questions-là, le bénéfice pour la place financière suisse est quasiment nul. Et toutes les études, tous les éléments qui figurent dans le message et qui disent que cela pourrait apporter quelque chose sont extrêmement vagues: il n'y a pas de chiffres, pas d'éléments concrets qui plaident pour une place financière extrêmement forte.
J'aimerais simplement vous poser une question pour savoir s'il faut entrer en matière ou pas sur ce projet: qui a besoin d'aide, aujourd'hui, dans notre pays? Qui a besoin d'aide et de soutien financier dans notre pays aujourd'hui? Quelqu'un peut-il vraiment nous dire: "Je sais qui en a besoin, ce sont les gens qui font des transactions financières; ceux-là, ils ont la vie dure!"? En réalité, ce n'est pas le cas. Ceux qui ont besoin d'aide, ce sont des personnes ordinaires au sein de la population: les représentants de la classe moyenne, les personnes précarisées, celles qui n'ont pas de travail, les personnes qui doivent sortir de la crise et les entreprises en difficulté.
Pour toutes ces raisons, je vous propose d'écouter la voix de la raison de Christian Lüscher et de ne pas entrer en matière sur ce projet.