Roduit Benjamin · Nationalrat · 2021-12-02
Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-12-02
Wortprotokoll
La position du groupe du centre est facile à cerner dans ce deuxième bloc, puisque notre délégation a participé activement à l'élaboration de toutes les propositions retenues par la majorité.
Ainsi, dans le domaine de la culture, il s'agit non seulement de prolonger des aides pour un secteur qui de toute évidence n'a pas complètement retrouvé son public, mais aussi de poursuivre avec un système d'aides qui a fait ses preuves. Ainsi, les mesures mises en oeuvre par l'Office fédéral de la culture, dirigé jusqu'ici avec compétence par notre désormais collègue du Conseil des Etats Isabelle Chassot, ont fait leur preuve, en particulier grâce aux projets de transformation mis en oeuvre par les cantons, que la minorité, sans arguments pertinents, souhaite supprimer.
L'opposition de la minorité au maintien du parapluie de protection pour les grandes manifestations publiques est encore plus incompréhensible. Ne soyons pas ingrats vis-à-vis des organisateurs, par exemple de l'Olma et de la Foire du Valais, qui, avec beaucoup de courage, voire d'audace, ont admirablement su organiser leurs manifestations, et cela avec un bel impact économique cet automne, malgré de nombreuses contraintes. Et maintenant, on leur dirait qu'ils doivent se débrouiller tout seuls pour la prochaine édition? Le même raisonnement doit être tenu pour venir en aide aux forains, qui sont eux aussi dépendants des manifestations et de la venue tant souhaitée d'un public nombreux.
En fait, il s'agit de comprendre que les domaines qui viennent d'être cités sont plus fragilisés que d'autres par la pandémie, car dépendants d'un public qui ne demande qu'à sortir de chez lui pour oublier la crise et renouer des relations sociales. C'est certainement le meilleur antidote aux tensions activées par les réseaux sociaux qui nous tiennent confinés devant notre ordinateur dans une solitude aigrie.
Dans le même esprit, la volonté de supprimer les APG pour les indépendants subissant durant la crise une perte de chiffre d'affaires d'au moins 30 pour cent heurte de front les intérêts d'un autre secteur lui aussi fragilisé, je veux bien sûr parler du secteur de l'hôtellerie, de la restauration et des cafés. Comment voulez-vous expliquer à un hôtelier qu'il n'aura plus de problèmes en 2022 au moment même où des mesures de quarantaine arbitraires, dénoncées hier par notre Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, sont envisagées pour des touristes étrangers, même vaccinés?
Avançons avec une mesure qu'il faut à tout prix maintenir parce qu'elle est exigée par l'ensemble des entreprises, en particulier les PME. Il s'agit du fameux délai de préavis pour les RHT. N'avez-vous pas écouté ces milieux qui se sont retrouvés en grande difficulté l'an passé lorsque le Conseil fédéral prenait des mesures de restriction, parfois le vendredi pour le lundi suivant déjà?
Qui peut ici prétendre qu'il n'y aura désormais plus de décisions urgentes? Enfin, concernant les propositions visant à refuser quasiment toute prolongation d'aides dans le domaine de la culture, du sport, des RHT et surtout des cas de rigueur, elles relèvent toujours du même esprit illusoire, à savoir que le Covid n'est plus un problème et que nous reviendrons à la normale en janvier. Mais, avec moins de naïveté, nous refuserons toutes ces propositions de minorité, y compris celles ayant trait aux amendes d'ordre ou aux versements d'avances. La première relève de l'incohérence: dans bon nombre d'actes législatifs, ce sont souvent ces mêmes signataires de la minorité qui exigent des sanctions exemplaires. Quant à la seconde, elle repose sur une méconnaissance des réticences de certains cantons à octroyer rapidement les aides pourtant décidées par notre Parlement. Paradoxalement, ce sont ces mêmes cantons qui peinent à appliquer les mesures de restriction sanitaires et qui présentent aujourd'hui un taux élevé d'hospitalisations.
Enfin, concernant la proposition déposée par M. Romano et consorts quant à la participation aux votes du Conseil national en cas d'absence, elle découle du bon sens. Nous en avons d'ailleurs discuté au Bureau du Conseil national. En cas de rejet, pensez-vous sincèrement qu'il y aura, parmi les parlementaires vaccinés, un seul qui prendra le risque de se faire tester, même avec de légers symptômes? Soyons réalistes et soutenons cette proposition.
Je conclurai de manière rapide avec la proposition Aeschi Thomas à l'article 90a de la loi sur l'assurance-chômage. La version que nous soutiendrons fort probablement est celle du Conseil des Etats, mieux réfléchie, bien que cette mesure puisse la compléter avantageusement. Dommage, peut-être qu'avec un peu plus de sérieux on aurait pu traiter déjà cet objet au Conseil national. Il y aura probablement une liberté de vote à ce sujet au niveau de notre groupe.