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Nantermod Philippe · Nationalrat · 2021-12-13

Nantermod Philippe · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2021-12-13

Wortprotokoll

Notre collègue Baptiste Hurni soulève avec son postulat la question du streaming, et souligne qu'il appartiendrait à l'Etat d'intervenir sur un marché qui fonctionne relativement bien. Quelles sont les solutions nationales pour favoriser la production musicale? Eh bien, ma réponse est qu'il n'y en pas, et que la production musicale n'appartient certainement pas à l'Etat. Ce n'est pas un office fédéral, ce n'est pas une loi, ce n'est pas un postulat qui permettra de faire des bons disques! Et les meilleurs morceaux que j'écoute sur mon iPhone ne proviennent certainement pas de décisions de parlementaires fédéraux, et encore moins de fonctionnaires de l'administration fédérale ou des administrations cantonales.

Monsieur Hurni, j'ai pu voir sur le site du Parlement que vous êtes né en 1986. Nous sommes de la même génération - j'ai juste deux ans de plus que vous - et vous avez comme moi dû connaître les années du piratage en ligne. En 1999, c'était Napster; en 2001, c'était Kazaa; en 2004, c'était Limewire. Nous n'étions pas élus au Parlement à cette époque-là, mais si nous l'avions été j'aurais pu comprendre votre intervention, parce qu'à l'époque, oui, les produits mis en ligne sur Internet ont détruit le marché de la musique, ils ont détruit le CD et ont d'ailleurs fait revivre quelques supports qui étaient complètement passés de mode, comme la cassette ou le disque vinyle, mais cela est resté anecdotique et n'a fait vivre personne.

Vous dites que les revenus du streaming musical sont insuffisants, avec 0,39 centime par écoute. J'ai pu lire dans un média que vous connaissez, Arcinfo, le 16 janvier 2019, que lors d'un passage de trois minutes sur la SSR, 7,50 francs reviennent à l'artiste; 7,50 francs pour des dizaines de milliers d'écoutes, ce qui représente environ un centième de centime par écoute. Un CD, c'est 1 franc qui revient dans la poche de l'artiste. Pour une dizaine de titres écoutés au moins dix fois, c'est aussi environ 1 centime par écoute. En réalité, cher collègue Hurni, une écoute en ligne n'est pas moins bien payée qu'une écoute à la radio ou qu'une écoute sur un CD, sauf à dire que vous voulez comparer une écoute sur Spotify avec le prix de la vente d'un CD.

Depuis des années, le streaming a en réalité résolu le problème. Les revenus de l'industrie de la musique ont de nouveau atteint les niveaux qui étaient ceux d'avant l'arrivée d'Internet. Les solutions ne sont certainement pas dans les mains de l'Etat, elles sont dans les mains de l'industrie. Nous devrions déposer des postulats pour nous demander pourquoi ces entreprises actives dans l'informatique sont toutes basées aux Etats-Unis et jamais en Europe, plutôt qu'essayer d'inventer des taxes et des nouvelles lois.

Pour cette raison, je vous invite à rejeter ce postulat, et j'invite nos entreprises en Suisse à faire preuve d'innovation.