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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2021-12-14

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-12-14

Wortprotokoll

Dans cette période, nous parlons beaucoup de solidarité, un peu tous les jours. Il y a une solidarité que j'ai de la peine à comprendre: c'est celle des paysans qui sont attentifs à ce que tout soit respecté, que les animaux soient bien traités dans leur exploitation envers des exploitations qui n'ont aucun égard pour le bien-être animal et pour le bien commun. Cette solidarité, je ne la comprends pas, car elle est au détriment de ces milliers de paysans qui dans notre pays travaillent avec l'amour du métier. Ils aiment non seulement leur métier mais aussi leur bétail, qu'ils traitent correctement. Mais ils acceptent que ces normes ne s'appliquent finalement pas à tout le monde. Ils acceptent que vienne de l'étranger de la viande importée produite dans des conditions inacceptables.

Cette solidarité, je ne la comprends pas. Et pourtant, le contre-projet qui est proposé ici par le Conseil fédéral permettrait de valoriser celles et ceux qui dans leur quotidien respectent les animaux en aimant leur métier de paysan. Ce que le Conseil fédéral propose avec ce contre-projet, c'est justement d'adopter des normes minimales simples, basiques, qui sont respectées aujourd'hui par l'essentiel des personnes qui travaillent dans ce métier. Par conséquent, ces normes n'affecteraient pas beaucoup d'exploitations, mais seulement les exploitations de celles et de ceux qui décident de vraiment faire passer au second plan le bien-être animal, qui est pourtant important aux yeux de la population.

Je vais quand même me permettre de lire ici le texte du contre-projet, parce que ce qu'il contient est vraiment le strict minimum. Je sais que de nombreuses personnes qui exploitent du bétail pour la production de viande ou des animaux de rente respectent ces normes. C'est tout simple, il est demandé dans le contre-projet "un hébergement et des soins respectueux des animaux", ce que font de nombreuses personnes, quasiment tout le monde, "des sorties régulières", ce qui est le strict minimum, et "des conditions d'abattage respectueuses des animaux", ce qui est aussi le strict minimum. Comment peut-on s'opposer à cela, à ces trois éléments qui forment le contre-projet dont nous discutons? C'est incompréhensible. La seule raison, c'est la volonté d'envoyer le message qu'on ne veut rien faire du tout.

Mais pourtant, si l'on fait quelque chose, par exemple si l'on adopte ce contre-projet, nous n'agissons qu'envers quelques personnes, quelques exploitations et particulièrement les exploitations de masse, en Suisse ou à l'étranger, si on accepte la proposition de la minorité Grossen Jürg, mais pas envers la grande majorité des paysans qui font bien leur travail, qui aiment leur travail et qui respectent les animaux. Ce contre-projet est donc modéré, limité, mais il permet dans les faits de s'attaquer aux choses qui sont inacceptables.

Je suis convaincu que celles et ceux d'entre vous qui siègent dans notre Parlement aujourd'hui mais qui, d'autres jours, gèrent une exploitation agricole ou ont des animaux de rente; je suis sûr que ces personnes accepteront que ce standard minimum doive être respecté. Il l'est déjà par ces personnes, mais il doit l'être aussi par d'autres personnes dont nous consommons les marchandises. Je vous invite donc, pour protéger les animaux qui sont moins bien traités, et non pour traiter tout le monde comme des criminels, mais juste les personnes qui ne font pas les bonnes choses, d'accepter le contre-projet du Conseil fédéral. Ce contre-projet ne fait aucun mal à l'ensemble des personnes qui respectent ces conditions, qui sont largement majoritaires - cela a été déjà dit et des chiffres ont été donnés. Soutenons ce contre-projet, décidons d'inscrire dans la Constitution le bien-être animal pour les exploitations qui travaillent avec des animaux, c'est le strict minimum pour le bien aussi de la population.

Bien sûr, il se peut que beaucoup d'entre nous aiment manger de la viande, des oeufs, des produits laitiers. Mais le plaisir ne s'arrête pas seulement au goût et à la qualité du produit; le plaisir est aussi dû au fait que nous savons que, dans notre pays, lorsque nous consommons des produits suisses, ils sont de qualité.

Et si, en plus, nous acceptons la proposition de la minorité Grossen Jürg qui sera discutée plus tard et qui concerne une obligation de déclaration pour l'importation, nous protégerons davantage les exploitations suisses vis-à-vis des exploitations à l'étranger qui ne respecteraient pas les normes appliquées en Suisse.

Pour toutes ces raisons, entrer en matière et accepter le contre-projet du Conseil fédéral est une absolue évidence, car toutes les personnes qui font le strict minimum et qui travaillent par amour pour leur métier ne seront pas négativement impactées, mais seront positivement impactées, puisque les autres devront aussi respecter les animaux.