Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2021-12-15
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-12-15
Wortprotokoll
Avec cette nouvelle proposition, les milieux des initiants - l'estomac plein - désirent qu'au lieu de produire en Suisse la viande que nous consommons nous l'importions de l'étranger. Cette nouvelle initiative populaire vise à limiter la production d'oeufs et de viande suisses. Eh bien, voilà encore une atteinte au développement durable de la part des mêmes milieux qui clament haut et fort qu'ils le soutiennent.
Demander le standard Bio Suisse 2018 pour tous les animaux péjorerait, d'une part, la production de viande bio et, d'autre part, diminuerait la production de viande suisse en général. Car, pour nourrir notre population, toute la viande produite en Suisse, en circuit court - emballage et distribution -, sera toujours une action concrète en faveur du climat. Importer des poulets de Chine ou d'Amérique du Sud génèrerait plus d'émissions de CO2 et des pertes d'emploi pour notre pays. Là aussi, les gestes ne suivent pas les paroles. C'est faire de l'écologie avec des oeillères, en quelque sorte de l'enfumage populaire, si je peux m'exprimer ainsi.
On sait que plus de 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim dans le monde, alors que chez nous, nous sommes rassasiés et que, s'il nous manque quelque chose, notre pouvoir d'achat nous permet d'aller le chercher et l'acheter à l'extérieur et de le prendre ainsi à des populations qui ne mangent pas toujours à leur faim.
On peut clairement affirmer qu'il n'existe pas d'élevage de masse en Suisse. La protection des animaux et le bien-être animal ont énormément évolué ces dernières années et décennies, que ce soit au niveau des bases légales ou grâce aux programmes volontaires. Les améliorations constantes se poursuivront sans cette initiative contre-productive qui prône des interdictions. Les contre-projets direct ou indirect, comme l'initiative d'ailleurs, conduiraient à un renchérissement des productions locales de viande, de lait et notamment de viande de poulet. Cette dernière, qui était un luxe il y a une cinquantaine d'années, est devenue très populaire et à la portée de toutes les bourses aujourd'hui. Alors, désire-t-on la renchérir pour grever les budgets des ménages les moins favorisés?
En outre, toutes les plus-values générées par des labels particuliers seraient anéanties, ce qui grèverait le revenu des agriculteurs et affaiblirait de manière durable notre souveraineté alimentaire. Selon les initiants, la population veut des améliorations du bien-être animal, mais est-elle au courant que d'énormes progrès ont été faits ces vingt dernières années alors que les prix à la production sont restés stables? C'est un défi que l'agriculture suisse a relevé. Demander plus augmentera surtout les prix à la consommation.
Enfin, la consommation d'antibiotiques pour les animaux a diminué de moitié ces vingt dernières années et continue de diminuer, alors que la consommation humaine d'antibiotiques, dans le même laps de temps, a fortement augmenté. Donc, comme vous le constatez, nous n'avons besoin ni de cette initiative ni d'un contre-projet pour assurer le bien-être animal. La profession s'en occupe en permanence. Je terminerai par cet adage: "Le mieux est l'ennemi du bien."
Le groupe UDC est favorable au bien-être animal, mais il estime que la législation actuelle permet d'offrir ce bien-être et le favorise avec des limitations d'effectif, des sorties régulières pour les bovins et des jardins d'hiver pour les sorties permanentes de toutes les volailles.
Je vous invite donc à recommander au peuple et aux cantons de rejeter cette initiative sur l'élevage intensif, à ne pas entrer en matière sur le contre-projet direct et à rejeter la proposition de renvoi à la commission visant à élaborer un contre-projet indirect.