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Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · 2021-12-16

Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-12-16

Wortprotokoll

Dans sa séance des 21 et 22 octobre derniers, la Commission des finances a examiné avec toute l'attention requise le message relatif à un crédit d'engagement pour la sécurisation de la puissance de calcul et la transformation afférente des TIC de Météo Suisse. Par ce message, la Confédération demande au Parlement un crédit d'engagement de 34,3 millions de francs.

En préambule, force est de constater que dans l'exécution des tâches légales qui lui incombent, Météo Suisse fournit de nombreux services critiques en matière de sécurité. Cet office émet des alertes à l'attention de la population et des organes de protection de la population, effectue des calculs relatifs à la propagation des substances radioactives, par exemple en cas d'accident nucléaire, et fournit des prestations météorologiques essentielles pour l'aviation civile. Toutes les prestations doivent être disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. En été 2021, une défaillance totale des centres de calcul de Météo Suisse, notamment au niveau de l'annonce des intempéries et des inondations, aurait provoqué un risque majeur pour la population. Le risque de défaillance est aujourd'hui très sérieux, car Météo Suisse dispose d'un seul et unique centre de calcul situé à l'aéroport de Zurich. Une défaillance totale de ce centre entraverait fortement sa capacité, un risque qui n'est à notre avis pas acceptable.

Dans deux rapports datés de 2014 et 2017, le Contrôle fédéral des finances a mis le doigt sur le problème et formulé une recommandation de priorité A afin de créer un centre de calcul géoredondant correct et d'envisager une répartition de sa puissance de calcul sur plusieurs sites. Par manque de ressources, cette recommandation n'a pas été réalisée jusqu'à aujourd'hui. Le crédit d'engagement sollicité par le Conseil fédéral a pour objectif de corriger cette lacune.

Entre 2012 et 2016, Météo Suisse a développé un Business Continuity Management que renforceront le projet de sécurisation de la puissance de calcul et la transformation afférente des TIC. De quoi s'agit-il? Selon les estimations de Météo Suisse, le projet devrait durer jusqu'en 2028 et améliorer de manière substantielle la sécurité en cas de défaillance des prestations de calcul.

Les coûts totaux se montent à 41,8 millions de francs dont 7,5 millions de prestations fournies par l'administration. Les 34,3 millions de francs restant sont financés par le budget informatique de la Confédération à travers un crédit d'engagement libéré en deux étapes, avec une marge d'erreur de 15 pour cent pour la première étape et de 25 pour cent pour la deuxième étape.

Comment va-t-on améliorer la sécurité de Météo Suisse? Il ne s'agit pas de créer simplement un deuxième centre de calcul physique, une solution dépassée qui s'avérerait trop onéreuse vu l'augmentation constante du nombre de données à enregistrer. Un stockage de données au moyen de la technologie informatique traditionnelle engendrerait une augmentation significative des coûts d'exploitation avec un élargissement de l'infrastructure des serveurs.

Avec son projet, le Conseil fédéral propose, pour améliorer la sécurité, de recourir à des technologies modernes d'exploitation en nuage de l'informatique de Météo Suisse, en ayant recours à plusieurs sites, voire plusieurs fournisseurs.

L'objectif prévu pour l'année 2028 est que les 300 applications spécifiques de Météo Suisse, dont 240 sont critiques du point de vue opérationnel, soient assumées à terme par les infrastructures du centre de calcul de la Confédération et par plusieurs sites de prestations avec des techniques en nuage, ce qui implique de moderniser toutes les applications spécifiques de Météo Suisse et de les rendre compatibles avec la technologie en nuage. Ce processus de transformation représente l'élément essentiel de l'opération et l'essentiel des dépenses. C'est un procédé qui correspond aux prescriptions de la stratégie informatique en nuage voulue par la [PAGE 2652] Confédération et qui est compatible avec les développements internationaux dans le domaine de la météorologie et la climatologie.

Il est à noter encore que cette importante mutation, le passage de Météo Suisse à l'application de la stratégie en nuage, impliquera une forte mobilisation du personnel de l'office et la mise en place d'une formation adéquate visant à développer les compétences du personnel.

S'agissant des considérations des commissaires, quand bien même le projet n'a pas suscité d'opposition, différentes questions ont été soulevées, telles que l'impact sur l'environnement, la durabilité, la consommation d'électricité ou encore la formation du personnel, et surtout les marges d'erreur de 15 et 25 pour cent.

A propos de cette dernière, le directeur a confirmé qu'une expertise externe a étudié et confirmé le montant des coûts prévus et que la marge d'erreur recommandée par l'Administration fédérale des finances tient à l'incertitude entourant l'évolution du projet, à la technologie et aux sites retenus. Il est aussi à noter que ce projet sera intégré dans la listes des projets clés informatiques et qu'il sera suivi par le Contrôle fédéral des finances.

Pour conclure, je vous invite à accepter ce crédit d'engagement de 34,3 millions de francs destiné à sécuriser la puissance de calcul de Météo Suisse, comme la Commission des finances qui l'a approuvé sans la moindre opposition par 24 voix.