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preparatory:AB 297422

Pointet François · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2022-03-09

Wortprotokoll

Nous voilà en train de commenter le rapport sur la politique de sécurité de la Suisse qui a été établi avant un grand chambardement de nos esprits, et avant que des analyses soient faites suite à l'éclatement du conflit dans l'Est du continent. Et qu'on ne vienne pas me dire que tout était déjà écrit dans le rapport: les niveaux de risques changent, la perception change, les analyses et priorités changent. Vous l'avez entendu, le DDPS a promis un complément au dit rapport en ce qui concerne les implications de cette situation nouvelle. Nous pouvons donc aborder l'analyse en l'état en nous rappelant que l'adaptation de la politique de sécurité est un travail qui se fait au quotidien.

Commençons par le volet militaire. Les Vert'libéraux considèrent que la vision qu'ils défendent depuis longtemps est à même de faire face aux risques d'un conflit conventionnel européen qui pourrait durer. Nous avons toujours prôné une armée moderne, agile, composée de militaires bien entraînés et complètement équipés de matériel de pointe. Cela inclut évidemment une couverture aérienne suffisante et des troupes terrestres adaptées. Mais nous défendons aussi une volonté forte de coopérer avec nos voisins en conservant une neutralité active, car la défense autonome est un rêve pieux qui disparaît vu les évolutions technologiques et les forces en présence. Cela ne veut pas forcément dire une augmentation des effectifs ou des budgets, comme certains le réclament, mais bien la détermination des capacités à détenir au terme d'un arbitrage entre budgets, possibilités techniques et risques. Dans ce sens, nous saluons la volonté de la conseillère fédérale en charge de la défense de transformer la méthode d'acquisition actuelle en une planification des capacités de l'armée.

Sur les autres points de ce rapport, qui restent importants vu les défis qui nous attendent, nous faisons les remarques suivantes.

Nous saluons le fait que le changement climatique soit inclus dans les menaces sécuritaires, mais les mesures proposées sont faibles.

C'est pourquoi nous soutiendrons le postulat de commission 22.3007, "Capacités nécessaires à la gestion des dangers naturels liés au climat".

En ce qui concerne la résilience de notre pays, il est normal de parler d'approvisionnement et de s'inquiéter de la disponibilité des biens essentiels. Mais la tendance à adopter une approche protectionniste visant à garantir la sécurité de l'approvisionnement est dangereuse. Durant la période de pandémie, nous avons constaté que ce sont surtout les relations économiques et diplomatiques avec nos voisins qui nous permettent de gérer ce problème. Il n'est pas souhaitable que nous nous dirigions vers une espèce de politique industrielle pour assurer la sécurité.

Le manque d'entrain du Conseil fédéral à voir l'avantage de la création d'un Etat-major fédéral de conduite nous surprend. Cet organe devrait permettre de mieux réagir aux crises et d'avoir des schémas de communication mieux établis, surtout en début de crise. Nous venons de faire à deux reprises, durant la législature actuelle, l'expérience des flottements résultant de l'absence d'un outil opérationnel rodé.

Pour ce qui est du risque de désinformation, il est bien d'identifier le problème, mais les mesures proposées sont particulièrement faibles.

C'est pourquoi nous soutiendrons le postulat de commission 22.3006, "Etat des lieux relatif à la menace que constituent pour la Suisse les campagnes de désinformation".

Finalement, l'alimentation de l'armée et de la protection civile constitue une menace pour notre système de sécurité, mais nous savons que des travaux sont en cours. Il faut toutefois aller de l'avant et presser le pas.

En conclusion, nous prendrons acte de ce rapport en rappelant que l'analyse de la situation sécuritaire est un travail qui doit être effectué au quotidien, et que beaucoup reste à faire pour minimiser les risques identifiés avec efficacité et efficience.