AB 297477
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-03-09
Wortprotokoll
Le Conseil fédéral rappelle à chaque occasion son souhait de renforcer l'engagement de notre pays en faveur de la promotion de la paix à l'étranger, un voeu que je salue vivement, mais pour l'instant je reste sur ma faim. Aujourd'hui, la Suisse est présente à l'étranger avec une mission conséquente au Kosovo, où nos troupes réalisent un travail essentiel au contact des populations afin de permettre de désamorcer les tensions et d'éviter de nouveaux conflits. Le rôle de la Swisscoy et de la KFOR sont essentiels pour donner du temps à ce pays pour trouver l'apaisement, un renouveau économique et peut-être la solution, avec une entrée dans l'Union européenne en même temps que la Serbie.
Nous faisons déjà quelque chose. 250 de nos militaires sont déployés à l'étranger, mais depuis des années on nous en promet, à terme, le double, avec en particulier une seconde grande mission de promotion de la paix. Mais pour agir efficacement à l'étranger, il faut des moyens, notamment aéroportés. Nous avons déjà deux ou trois Super Puma en permanence au Kosovo. On nous parle de Chinook ou de superhélicoptères géants équivalents. C'est bien. Mais, pour acheminer du matériel, un avion de transport suisse à disposition en permanence complèterait parfaitement les moyens nécessaires pour un engagement à l'étranger ambitieux en faveur de la promotion de la paix et pour les autres missions d'aide: mission urgente en cas de catastrophe, envoi d'aide alimentaire, aide au développement, rapatriement en urgence de civils suisses bloqués à l'étranger, comme on en a ressenti le besoin lors de la chute de Kaboul en août dernier.
Dans un monde en constants bouleversements, avec des crises humanitaires régulières et des catastrophes en tous genres, disposer de moyens de transport autonomes est essentiel pour assurer une capacité de réaction immédiate et à des conditions financières attractives face à toute situation exceptionnelle.
Nous vivons aujourd'hui et nous vivrons encore demain, à n'en pas douter, des périodes troublées et des drames humanitaires dans notre étranger proche et plus lointain. Tout faire pour stabiliser le monde qui nous entoure est fondamental, en apportant aide et secours aux populations en détresse. Le changement climatique et les catastrophes naturelles secondaires seront malheureusement à l'origine d'une foule de problèmes, sources notamment de migrations. [PAGE 281]
Etre prêt et déterminé à agir, cela se prépare. Faire l'acquisition de moyens propres est gage de volonté et d'efficacité. La lenteur et les atermoiements sont inacceptables face aux détresses à soulager. Il sera sans doute possible d'intégrer cet avion dans un pool international de moyens de transport, tels qu'il en existe en Europe dans le cadre de l'Otan ou de l'Union européenne. Par les temps qui courent, faire preuve d'un peu de volontarisme ne ferait pas de tort à notre pays, cela montrerait aux pays voisins et amis que nous souhaitons contribuer à l'effort commun.
Cette question d'un avion de transport est une vieille histoire. Il s'agit de ma troisième tentative et, par le passé, le Conseil fédéral s'y était même montré favorable. C'était du temps d'un ancien conseiller fédéral qui s'était illustré à la tête de l'OSCE lors des événements en Ukraine en 2014 et qui, comme conseiller aux Etats, à l'époque, avait déjà proposé une même intervention.
Une Suisse repliée sur elle-même ou ouverte sur le monde? Le choix vous appartient.