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Carobbio Guscetti Marina · Ständerat · 2022-06-08

Carobbio Guscetti Marina · Ständerat · Tessin · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-06-08

Wortprotokoll

Nous sommes tous d'accord pour dire que, dans les deux semaines précédant l'accouchement, la santé des femmes doit être préservée et promue. La question reste de savoir comment faire en sorte que cela se fasse de la meilleure façon possible, en préservant la santé des futures mères et des bébés, mais aussi dans l'intérêt du monde du travail.

Pour la minorité que je représente, afin que les femmes puissent mener leur grossesse à terme en toute sécurité, il est nécessaire d'introduire dans la loi le congé de maternité prénatal de trois semaines, comme cela est proposé par la motion dont nous discutons, qui a été déposée par Mme Baume-Schneider.

Les spécialistes des différents domaines qui s'occupent des femmes enceintes, des soins pendant l'accouchement et de la santé des nouveaux-nés - les médecins, les sages-femmes, les médecins du travail - nous rendent attentifs à l'importance d'un congé prénatal pour éviter des effets négatifs sur la santé de leurs patientes.

Malheureusement, l'éventuelle future grossesse d'une femme est encore un élément pris en compte lors du recrutement. Et même plus tard, lorsque les entreprises sont confrontées à des choix en matière de réduction du personnel, elles tiennent aussi compte de cet élément. Bien sûr, il existe des lois qui protègent les femmes avant et après le recrutement, mais nous sommes tous conscients que la réalité ne respecte pas toujours la justice.

L'introduction d'un congé de maternité prénatal permettrait à toutes les femmes de vivre les dernières semaines de leur grossesse avec plus de sérénité. Quel que soit leur travail, les femmes auraient la possibilité de prendre soin de leur santé, favorisant ainsi un accouchement plus sûr pour tous.

Le Conseil fédéral indique que les femmes peuvent profiter d'un congé maladie dans les semaines précédant la naissance et nous invite à rejeter cette motion. Mais cela revient à dire que la grossesse équivaut à une maladie. Ce n'est pas là une conception que nous pouvons soutenir ou promouvoir. De plus, toutes les femmes n'ont pas cette possibilité, et certaines ne peuvent pas renoncer même à une petite partie de leur salaire. La mesure avancée par la motion vise aussi ces dernières. Il existe des femmes qui, en raison du nombre d'années de service ou d'autres dispositions, peuvent bénéficier de mesures plus avantageuses que les autres travailleuses, grâce notamment à des conventions collectives de travail.

Mais il y en a d'autres qui ne peuvent pas. Je considère qu'il est important de régler ces différences par une mesure équitable.

L'inscription d'un délai fixe et clair dans la loi permettrait également aux entreprises de planifier à l'avance les absences et les besoins de remplacement qui surviennent lorsqu'une employée est enceinte. Cette mesure est déjà en place dans plusieurs pays: dans les pays de l'Union européenne et de l'AELE, sauf la Suisse.

La Suisse a une population vieillissante. Ce constat inquiète tout le monde, y compris les économistes. La mise en place de mesures claires et efficaces pour garantir la santé et la sécurité financière des femmes enceintes pourrait encourager les familles qui le souhaitent à avoir des enfants. Donc, nous sommes appelés à faire des choix clairvoyants et solidaires pour la santé et pour l'avenir même de notre pays, avec des mesures équitables, comme le demande cette motion que je vous invite à soutenir.

Il est à noter que la motion 19.3373, "Allocations pour perte de gain. Mettre le service militaire et la maternité sur un pied d'égalité", a été rejetée. Nous avons maintenant une autre occasion de faire un pas dans la bonne direction pour protéger la maternité avant l'accouchement. Je vous invite donc à suivre ma minorité, soit à adopter la motion Baume-Schneider.