Page Pierre-André · Nationalrat · 2022-06-15
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-06-15
Wortprotokoll
Il est bien évident que, selon la gravité de l'opération, j'apprécierais une narcose complète. Je n'ai, par contre, nullement envie de la narcose que nous proposent l'initiative "Maximum 10 pour cent du revenu pour les primes d'assurance-maladie" et son contre-projet.
Nous ne devons pas nous voiler la face: les mots généreux de l'initiative cachent un contenu trompeur. En réalité, le système proposé est une augmentation déguisée d'impôts. Qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas: je suis conscient du problème que soulève aujourd'hui - comme hier et comme demain - la question des hausses des primes d'assurance-maladie. Cette problématique récurrente nous concerne tous.
Force est de constater que les responsables du système de santé n'arrivent pas à s'organiser autour d'un système de santé performant, avec des coûts raisonnables. Il s'agit donc de trouver une solution permettant de diminuer les coûts de la santé et les charges énormes pesant sur les familles et sur les personnes ne disposant que d'un revenu modeste, mais pas comme l'entendent les auteurs de l'initiative et du contre-projet indirect.
En effet, la réduction des primes visée par l'initiative frapperait durement les finances fédérales sans pour autant freiner la hausse des coûts de la santé. Sans compter que les finances des cantons seraient elles aussi mises à rude épreuve. Je ne peux souscrire à l'idée que les personnes qui ne payent pas d'impôt voient leurs primes d'assurance-maladie payées par la collectivité, ce qui serait une hausse d'impôt déguisée.
Le système actuel, géré par les cantons, convient parfaitement. Il permet à chaque canton, de manière autonome, de soutenir sa population en fonction de ses particularités. Le Conseil fédéral admet lui-même dans son message à notre Parlement le problème de la charge des primes d'assurance-maladie qui pèse sur le budget des ménages suisses. Mais nous ne résoudrons le problème ni avec cette initiative populaire ni avec le contre-projet indirect. Mettons en place entre les cantons des réorganisations pratiques, de meilleures collaborations, qui permettront d'obtenir des coûts raisonnables avec un minimum d'infrastructures.
Non à cette narcose qui endormirait nos concitoyennes et nos concitoyens. Je vous demande simplement de recommander le rejet de cette initiative populaire et de rejeter le contre-projet.