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Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2022-09-27

Wortprotokoll

Avec la pandémie de Covid-19 et la généralisation du port du masque dit chirurgical s'est posée la question de l'impact écologique des masques mono-usage. Ces masques qui ne sont pas conçus pour être recyclés contiennent des fibres synthétiques de polypropylène, un plastique prenant des centaines d'années pour se dégrader naturellement. Leur impact écologique est donc source d'inquiétude.

En effet, dans un pays comme la Suisse, l'usage quotidien de masques chirurgicaux durant une année de pandémie engendre environ 40 303 tonnes d'équivalent CO2, auxquelles s'ajoute une importante pollution plastique liée au littering de ces masques, estimée à 186 tonnes de plastique dans la nature.

Or, des solutions existent pour limiter cette pollution ainsi que l'impact carbone des masques à usage unique. Parmi elles, je souhaite en mentionner deux, issues d'une étude publiée par des chercheurs d'Unisanté de l'Université de Lausanne, qui se sont intéressés à différents scénarios potentiels pour réduire le bilan carbone de l'utilisation des masques.

La première solution est la fabrication artisanale de masques en coton réutilisables selon les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. Bien que cette solution ait un bilan environnemental très bon, elle présente un défaut: l'efficacité variable et incertaine des masques en coton réutilisables.

Les chercheurs d'Unisanté se sont donc intéressés à une autre méthode: la réutilisation cyclique des masques chirurgicaux standards. En effet, les chercheurs ont pu démontrer qu'en laissant reposer un masque chirurgical environ une semaine pour qu'il soit à nouveau sec et décontaminé, il était possible de le réutiliser jusqu'à 10 fois sans qu'il perde son efficacité. Ainsi, en organisant une rotation sur sept jours de leurs masques chirurgicaux, les citoyennes et citoyens pourraient réduire considérablement leur besoin en masques, tout en se protégeant et en limitant la diffusion du virus.

Les chercheurs ont voulu également connaître l'efficacité globale de cette solution pragmatique. Ainsi, ils ont estimé que si 10 pour cent de la population suisse utilisait cette solution en temps de pandémie, le bénéfice écologique serait considérable, soit l'équivalent de 4240 tonnes de CO2 ou 5600 vols Paris-New York par année, ainsi que la réduction de 18 tonnes de déchets plastique.

En conséquence, j'invite le Conseil fédéral et l'Office fédéral de la santé publique à prendre en considération ce type de solution dans sa gestion actuelle et future des pandémies.

Il n'existe à ma connaissance aujourd'hui aucune solution concernant les masques réutilisables - l'objet de ce postulat - qui soit satisfaisante à la fois sur le plan sanitaire, c'est-à-dire qui assure une haute protection antivirale, et sur le plan environnemental, c'est-à-dire qui aurait un impact global nettement inférieur à l'utilisation de masques chirurgicaux à usage unique.

C'est la raison pour laquelle je retire mon postulat.

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