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Simoneschi Chiara · Nationalrat · 2000-03-24

Simoneschi Chiara · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2000-03-24

Wortprotokoll

J'interviens au nom de la Commission des transports et des télécommunications, qui a longuement discuté l'initiative parlementaire Strahm en se renseignant sur la situation très dynamique du marché du travail dans le domaine des télécommunications et en analysant les efforts que l'économie privée et l'Etat sont en train de faire pour s'adapter aux constantes mutations dans ce secteur d'activité.

Pour la majorité de la commission, l'initiative, qui demande que dans les domaines des ex-régies de la Confédération les prestataires privés soient aussi tenus d'offrir des formations professionnelles, a l'avantage d'assurer que, dans ces secteurs importants et axés sur le futur, nos jeunes puissent trouver du travail et apprendre des professions d'avenir. On garantirait en premier lieu le maintien du système dual qui a été l'un des avantages de la Suisse. Les jeunes formés dans les entreprises sont bien plus flexibles et, en plus, ils sont mis en condition d'améliorer, par la formation continue, leur savoir et leur savoir-faire en s'adaptant plus facilement aux changements qui, eux aussi, sont continus. Dans le concept de formation professionnelle, on ne pense pas seulement aux apprentis, on pense à toutes les formes de formation de base et continue.

L'initiative vise avant tout le secteur des télécommunications, sans oublier les secteurs de la Poste et des CFF qui vivront les mêmes transformations dans le futur. Suite à la libéralisation, le secteur des télécommunications a vu naître ces dernières années de nombreuses entreprises privées qui ont créé de nouvelles places de travail, mais qui, en revanche, n'ont jusqu'à maintenant pas formé de personnes.

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On court ainsi le très grand danger de devoir faire face aux besoins de main-d'oeuvre en important tout simplement des spécialistes de l'étranger. Une telle mesure irait exactement à l'encontre de tous les efforts fournis par le Parlement et le Gouvernement ces dernières années. Je me réfère aux arrêtés I et II sur les places d'apprentissage et à l'institution des HES qui, depuis trois ans, ont vu beaucoup d'élèves s'inscrire en informatique. Il est clair que ces mesures donneront les résultats attendus seulement dans quelques années: dans six années, on pourra s'attendre à voir sortir de nos écoles des jeunes formés.

C'est parce que ces mesures ne remplissent pas les besoins actuels que la Commission des transports et des télécommunications présente une motion dont je parlerai plus tard.

La commission a également approfondi la question de savoir si l'initiative Strahm engendre des difficultés pour les nouvelles entreprises, comme l'a dit Mme Polla, et s'il y a une inégalité de traitement entre les entreprises du domaine en question et celles opérant dans d'autres domaines - je pense à l'industrie. La situation qui se présente aujourd'hui sur le marché des télécommunications, exposé aux dures lois de la concurrence, se distingue par un grand déséquilibre en ce qui concerne l'offre de formation entre les nouvelles entreprises et Swisscom. N'oublions pas que celle-ci est obligée, en vertu d'un mandat reçu de l'Etat - de nous - de réaliser une bonne politique de formation. Swisscom a aujourd'hui 800 apprentis.

Il y a aussi le danger que cette situation de déséquilibre perdure. La majorité de la commission est convaincue qu'en donnant suite à l'initiative Strahm, on rééquilibre la situation entre Swisscom et les nouvelles entreprises, et qu'en traitant toutes ces entreprises de la même manière - également pour la formation - on leur donne les mêmes chances. La vraie concurrence, c'est quand tous les acteurs ont les mêmes chances. La concurrence actuelle dans le secteur des télécommunications n'est pas réelle parce que les nouvelles entreprises ont des avantages du fait qu'elles ne forment pas des jeunes.

L'initiative devrait permettre de résoudre le problème. Il est clair qu'on devra faire attention, lors de l'étude des mesures concrètes, au fait que les nouvelles entreprises ne sont pas tout de suite prêtes à organiser la formation. Madame Polla, ce n'est pas vrai qu'on les oblige à faire de la formation des jeunes tout de suite, on attend qu'elles s'enracinent dans le marché.

On a aussi examiné la question d'une éventuelle discrimination entre les entreprises des différents secteurs. La majorité de la commission est de l'avis qu'il est parfaitement légitime de demander à des entreprises qui reçoivent des concessions de remplir certaines conditions. La formation professionnelle serait une des conditions mises à l'octroi d'une concession.

Je vous demande de donner suite à l'initiative parlementaire Strahm, qui est très importante pour la branche, pour Swisscom, mais aussi pour les jeunes.

Je me permets aussi de dire quelques mots sur la motion; parce que nous voterons non seulement sur l'initiative Strahm, mais aussi sur la motion CTT-CN 00.3005. Votre commission a traité la motion "Campagne de réorientation professionnelle en informatique" au cours de la même séance que l'initiative précitée. A la fin du débat, la quasi-unanimité a été acquise. Je vous rappelle que la motion a été acceptée, par 19 voix contre 3 et avec 1 abstention, en constatant qu'il faut faire quelque chose pour combler le grave manque de spécialistes dans le secteur très dynamique de l'informatique.

Les chiffres qui sont mentionnés ici ou là vont d'un minimum de 10 000 spécialistes à un maximum de 20 à 25 000 personnes qui manquent sur ce marché. De nombreux membres de la commission sont entrepreneurs, ou bien ils connaissent très bien ce problème. Je dois aussi dire que beaucoup d'entre nous ont pu discuter pendant une soirée avec des chefs d'entreprise de la branche des télécommunications qui nous ont montré quel a été le développement ces dernières années dans la branche, et surtout, quelles en sont les perspectives futures. Le taux de croissance de ce marché est vraiment incroyable. Aussi les représentants des employeurs, soit du secteur industriel, soit du secteur tertiaire, nous confirment, à chaque rencontre, qu'il y a une forte demande de spécialistes dans les professions de l'informatique, qui n'est plus et n'est pas satisfaite. En effet, tous les secteurs de l'économie sont concernés par cette révolution qui est la plus importante de ces dernières décennies. On dit même que c'est la révolution la plus importante de ces derniers siècles. La motion de la commission est donc née de la profonde conviction qu'on doit agir très vite pour résoudre ce problème. Pour cette raison, on ne peut pas être satisfait de la réponse du Conseil fédéral, qui, même s'il se dit conscient du fait que notre pays manque aujourd'hui de professionnels qualifiés, n'accepte pas la motion. Toutes les mesures qui sont mentionnées dans la réponse du Conseil fédéral étaient connues des membres de la commission. On est très satisfait des efforts que le Parlement et le Gouvernement ont faits ces dernières années, mais on est aussi conscient que toutes ces mesures nécessitent cinq à six années pour déployer toute leur efficacité sur le marché du travail.

Le besoin actuel par contre ne peut être satisfait que si on lance tout de suite, cela veut dire encore cette année, une campagne de formation continue, donc de perfectionnement, de reconversion, pour des personnes qui sont déjà sur le marché du travail ou qui pourraient y revenir et qui doivent acquérir ou renouveler les compétences nécessaires pour exercer une profession liée aux nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Si on ne comble pas ce manque de spécialistes, on risque vraiment d'entraver le développement économique de notre pays qui, après 10 ans de stagnation, connaît finalement une croissance encore timide. Certes, il y a aussi la possibilité d'importer en Suisse des spécialistes étrangers. Je pense que cela n'est pas à exclure a priori, mais seulement après qu'on ait épuisé toutes les possibilités de formation de base et continue à l'intérieur du pays.

Je me permets donc d'insister, en tant que rapporteur de la Commission des transports et des télécommunications, et de vous demander de transmettre la motion, afin qu'elle se concrétise le plus vite possible.