Polla Barbara · Nationalrat · 2000-03-24
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2000-03-24
Wortprotokoll
Il s'agit d'un sujet grave. Il s'agit d'obliger, alors que M. Strahm vient de dire qu'il ne s'agit pas d'une obligation. Il s'agit en fait d'une condition absolue à l'établissement d'entreprises. J'aimerais que tous ceux qui ont une entreprise ou sont, d'une façon ou d'une autre, proches des entreprises se rendent compte qu'il s'agit bien ici d'obligation. Ce que l'initiative parlementaire Strahm propose d'introduire, c'est l'obligation de proposer des formations professionnelles pour les nouvelles entreprises notamment de télécommunications qui s'installent en Suisse.
Nous sommes fiers; nous avons soutenu et nous continuerons de soutenir le système dual et la formation professionnelle en Suisse, l'un de nos fleurons pour lequel nous sommes prêts, aux côtés de M. Strahm et de tous ceux qui sont intéressés à la formation professionnelle, à nous engager. J'ai soumis en son temps au Parlement genevois des initiatives similaires à celle que M. Strahm a déposée en 1996 sur l'incitation au développement des places d'apprentissage.
Incitation oui, car elle est efficace. Les arrêtés fédéraux I et II sur les places d'apprentissage se sont déjà révélés extrêmement efficaces. Ils ont été édictés suite à l'initiative Strahm 96.432 précitée. Ces arrêtés favorisent l'encouragement de l'apprentissage et le lancement de campagnes de promotion, notamment à l'intention des femmes, l'amélioration de l'information sur les possibilités d'apprentissage.
Le rapport sur l'arrêté fédéral I établit clairement que les mesures entreprises sont appropriées pour créer à court terme de nouvelles places d'apprentissage et/ou pour motiver les entreprises à renforcer leurs prestations en matière de formation. L'arrêté I sur les places d'apprentissage s'est révélé "un franc succès". A Genève, pour chiffrer ce succès, l'augmentation des places d'apprentissage suite aux mesures d'incitation est de 15 pour cent en l'espace de quatre ans.
L'arrêté fédéral II sur les places d'apprentissage concerne plus particulièrement quatre champs d'action: le premier en est l'informatique, la télématique et le multimédia. Vous voyez donc que tout, sauf l'obligation - ce que nous propose M. Strahm - est déjà pris en compte et mis en place. En ce qui concerne plus particulièrement la high-tech ou l'informatique, je vous invite à soutenir la motion Theiler que votre commission, à sa quasi-unanimité, vous propose de transmettre.
Obliger les entreprises à former, non. Subordonner l'installation de nouvelles entreprises en Suisse à l'obligation de former est dangereux et contreproductif. Qu'est-ce-que cela signifie exactement, et qui serait concerné? Savez-vous ce que l'initiative Strahm remet en cause? Il s'agit de 300 nouvelles entreprises récemment arrivées en Suisse. Il s'agit de 4500 emplois qui ont été créés. On ne peut pas obliger des nouvelles entreprises qui arrivent en Suisse ou qui souhaitent s'installer chez nous, à former. Ces entreprises ne connaissent pas notre système. Elle ont besoin, elles aussi, d'apprendre à le connaître. Les mesures d'information existent, il faut juste un peu de temps. Diax, par exemple, va ouvrir incessamment 50 places d'apprentissage qui seront certainement excellentes. Si on oblige les entreprises à former, ou bien elles ne s'installeront pas en Suisse parce qu'elles ne veulent pas répondre à cette obligation, ou bien le risque que la formation soit mauvaise est extrêmement élevé. L'initiative Strahm est superfétatoire, mais surtout elle est dangereuse. Elle menace l'économie et l'emploi, et tout ce qui menace l'économie et l'emploi menace aussi, au bout du compte, la formation.
Je vous invite donc à ne pas donner suite à l'initiative parlementaire Strahm.