Page Pierre-André · Nationalrat · 2022-12-12
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-12-12
Wortprotokoll
La bonne nouvelle est que, comme notre collègue Valentine Python, nous sommes nombreux, très nombreux à partager sa volonté de protéger notre nature et notre environnement. Non seulement, d'ailleurs, nous avons cette volonté, mais elle se double dans notre pays de toute une série d'actions concrètes de protection et de sauvegarde. Hier, mon engagement professionnel d'agriculteur était déjà tout imprégné de ces actions. Aujourd'hui, mon engagement de politicien poursuit les mêmes objectifs, je vous le dis tout simplement, avec conviction.
La mauvaise nouvelle, par contre, est que notre collègue se trompe de démarche. Par son initiative, elle ne prend pas la bonne route pour protéger notre planète. Elle nous propose de modifier la Constitution fédérale. Elle nous propose d'ajouter une pierre supplémentaire à la pyramide de dizaines d'articles que compte la Constitution, une pierre supplémentaire au sommet de notre ordre juridique suisse, coincée entre l'interdiction de la censure et les détails organisationnels du référendum facultatif.
Par son initiative, elle entend intégrer dans notre texte fondamental la notion de "limites planétaires". Je ne vous en donne pas lecture. Ces limites sont au nombre de neuf, mais au fond il n'y a rien de neuf. Les rapports scientifiques qui ont conduit à l'élaboration de ces neuf limites évoquent pêle-mêle les cultures intensives, les moteurs thermiques, les problématiques liées au phosphore, à l'azote ou encore les questions d'érosion.
Or, vous en conviendrez avec moi, toutes ces questions délicates, importantes pour notre communauté, nous leur apportons déjà des réponses concrètes dans nos différentes législations. Ces réponses ne portent certes pas la mention "limites planétaires", mais faut-il pareil vocabulaire pour que nos actions soient meilleures, soient plus efficaces? Je me le demande bien. Poser la question, c'est y répondre. Notre collègue veut sauver notre planète, nous aussi, et même plus, nous agissons pour la sauver.
Le 29 août dernier, notre commission a longuement débattu de cette initiative. Par 13 voix contre 10 et 1 abstention, elle vous propose de ne pas donner suite à l'initiative parlementaire Python.
Notre collègue se défend, avec son initiative parlementaire, de viser une planète parfaite. Elle pense que le concept de "limites planétaires", une fois inscrit dans le marbre de notre Constitution, permettra aux décideurs que nous sommes de mieux comprendre la réalité de notre environnement. Cela [PAGE 2294] devrait favoriser notre compréhension des interactions subtiles au sein de notre nature.
Personnellement, je me permets d'en douter, tout comme la majorité de notre commission. Je préfère mille et une actions pratiques, réfléchies, réalisables, comme la législation nous en donne la possibilité, à un article constitutionnel supplémentaire dont la seule existence va gonfler la bonne conscience des défenseurs de notre planète.
Avec la majorité de notre commission, je vous invite à ne pas donner suite à cette initiative parlementaire.