Chassot Isabelle · Ständerat · 2022-12-14
Chassot Isabelle · Ständerat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-12-14
Wortprotokoll
Je ne voulais pas intervenir, mais étant membre suppléante de la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, et puisque nous sommes surtout dans un débat tourné vers l'avenir où s'expriment un certain nombre de craintes et de soucis, je n'aimerais pas que l'on retienne que les règles de l'Académie française sont sanctifiées dans ce conseil et qu'elles sont les seules règles que l'on s'autoriserait à suivre en cas de renouvellement de la terminologie.
Je vais m'expliquer à partir d'un élément tiré du passé. J'ai eu[NB]l'occasion, dans mon canton d'origine - le canton de Fribourg -, de devoir m'occuper de la question de la féminisation des fonctions; c'était en l'an 2000. A ce moment, l'Académie française se refusait absolument à féminiser les fonctions: l'avocate était l'épouse de l'avocat, la générale l'épouse du général et ainsi de suite. C'était donc "Madame le procureur", "Madame l'avocat", "Madame l'ambassadeur" pour reprendre un terme encore usité de nos jours. Nous avons décidé, dans notre canton, de ne pas nous tenir à ces règles de l'Académie française, mais de reprendre celles de l'Académie royale de Belgique, qui existent également pour ce qui est du français, et de féminiser l'ensemble des fonctions. La Confédération l'a également fait par la suite, à partir de 2001. Il a fallu attendre l'année 2019 pour que l'Académie française reconnaisse la féminisation des titres et des fonctions, et cela sur pression du gouvernement français.
Je voulais en faire état, pour ne pas donner à penser que nous, francophones, pensons que seule l'Académie française maîtrise les règles et l'évolution de la langue et que nous devions nous y tenir.