Python Valentine · Nationalrat · 2023-02-27
Python Valentine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2023-02-27
Wortprotokoll
Je défends une initiative du canton de Genève visant l'interdiction des sels d'aluminium et de ses dérivés dans les produits cosmétiques.
Deux études genevoises indépendantes démontrent que des cellules de glande mammaire de mammifère exposées in vitro à des sels d'aluminium assimilent ce métal rapidement. Dans les 24 heures qui suivent, une instabilité génomique apparaît dans ces cellules sous la forme d'une altération de sa structure et du nombre des chromosomes. Ces recherches permettent de montrer que l'aluminium altère l'ADN des cellules de la même manière que des substances cancérigènes reconnues, confirmant ainsi son potentiel cancérigène.
Cet effet se produit aux mêmes concentrations du polluant retrouvé dans la glande mammaire de patientes atteintes de ce cancer. La majorité de la commission considère que ces deux nouvelles études ne permettent pas de changer de position sur le lien de causalité entre l'exposition et le potentiel déclenchement de cancers du sein en particulier. Son argumentation repose sur le fait que le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs de l'Union européenne a déjà évalué, dans un avis publié en 2020, plusieurs études similaires, réalisées pourtant entre 2005 et 2013.
Or, les études genevoises mentionnées datent de 2021; il y a donc clairement une incohérence. Les chercheurs genevois ont fourni ces nouvelles études justement pour compléter et préciser leurs recherches précédentes, qui portaient sur les concentrations d'aluminium dans les tissus humains, l'exposition cutanée des antitranspirants, ainsi que sur les effets in vitro sur des cellules de souris.
L'ensemble de ces recherches et ces nouveaux éléments doivent par conséquent absolument être pris en compte et le principe de précaution ainsi être appliqué.
Est-il nécessaire de rappeler que le cancer du sein est la première cause de mortalité des femmes? Certes, d'autres causes y concourent, raison de plus pour les protéger d'une exposition chronique toxique supplémentaire.
Je profite de l'occasion pour rappeler qu'en matière de toxicologie il est indispensable de sortir de l'idée que seule la dose fait le poison, qui prédomine dans l'ensemble du système de régulation des substances toxiques par l'administration et l'industrie. Cette approche ne permet pas de prendre en compte les effets chroniques, sur le long terme, et simultanés d'une exposition à plusieurs produits chimiques en même temps. Dans le cas des cosmétiques, ce sont donc des dizaines de substances dont l'effet peut se combiner avec celui de l'aluminium, et cela chaque jour.
Les preuves scientifiques sont là. Prenons-les en compte et prenons enfin nos responsabilités envers les citoyennes et habitantes de notre pays.
Merci donc de soutenir cette initiative cantonale.