Gapany Johanna · Ständerat · 2023-03-06
Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2023-03-06
Wortprotokoll
J'ai pu prendre connaissance de la proposition de la commission compétente et, après plusieurs échanges avec certains collègues, j'ai compris que c'était la nature régulière du soutien qui posait un problème. Je peux comprendre cette retenue de notre Commission de l'économie et des redevances, non pas sous l'angle des besoins, parce que c'est une évidence que l'on doit maintenant se donner les moyens de promouvoir les vins suisses pour faire face à une concurrence massive et à une intervention tout aussi massive de certains pays qui nous entourent, ce que notre Parlement a d'ailleurs déjà confirmé dans le cadre du budget 2023, mais plutôt sous l'angle des ressources, puisque le débat actuel sur les finances fédérales n'aide pas et que, en tant que présidente de la Commission des finances, je suis également préoccupée par cette situation.
Mais c'est aussi dans ce contexte que je vois, finalement, l'occasion de faire gagner notre pays, d'augmenter aussi les parts de marché et de considérer ce soutien à la promotion comme un investissement avec un objectif clair, qu'une [PAGE 89] bonne politique de promotion pourrait nous permettre d'atteindre. On a tout à gagner: l'augmentation des parts de marché sera clairement un atout pour notre pays et pour notre économie, sans oublier l'environnement, puisqu'il s'agit ici de promouvoir les vins suisses pour autant qu'ils répondent à des critères de durabilité.
Je n'ai pas à vous en convaincre, cela, je le sais: on a, dans notre pays, de quoi être fier de certains de nos produits locaux. Davantage que d'une dépense, parlons d'un investissement, un investissement avec un objectif clair, connu et mesurable surtout. D'où ma proposition de renvoyer cette motion à la commission avec, cette fois-ci, la nécessité de travailler sur un objectif. J'ai mentionné, dans mon développement, un objectif de parts de marché de 40 pour cent. Pour revenir sur la petite histoire, je précise que 40 pour cent correspondent aux parts de marché que nous avions à la fin des années 1980, alors que, aujourd'hui, elles s'élèvent à 35,5 pour cent. C'est la base de ma proposition à la commission visant à intégrer une mesure sur l'efficience, puisque c'est un chiffre très concret et très mesurable. Ce suivi aura aussi l'avantage de nous laisser corriger le tir si c'est nécessaire. Maintenant, on peut y gagner. C'est évident quand on voit le poids de cette activité. En Suisse, la culture de la vigne a généré, en 2020, environ 630 millions de francs. C'est plus de 16[NB]000 travailleurs et c'est plus de 14 620 hectares de vignes. C'est notre terroir, nos paysages. C'est notre savoir-faire. Et c'est aussi une partie de notre économie.
Comme je l'ai dit il y a quelques instants, nos voisins investissent. Et certains investissent beaucoup. L'Italie, par exemple, détient 26 pour cent des parts de marché en Suisse et consacre 18 millions d'euros à la promotion. La France a engagé plus de 4 millions d'euros au total via France-Agrimer, en 2020, dans notre pays. On sait aussi que l'Espagne investit plus de 50 millions d'euros dans les marchés tiers et que la Suisse figure dans le top 10, cela nous laisse une petite idée de ce qui est investi en Suisse. Ces chiffres confirment que le secteur du vin se trouve aussi sur un marché libéralisé. Or, comme on le sait, on ne peut pas intervenir au niveau de la protection à la frontière, ce avec quoi je suis d'ailleurs tout à fait d'accord. Mais alors, c'est par le biais de la promotion que l'on peut faire la différence et que l'on peut permettre à nos producteurs de lutter à armes égales.
J'ajoute encore trois petits points avant de terminer, si vous me le permettez, Madame la présidente, pour vous convaincre du fait que retravailler ce texte vaut vraiment la peine. Premièrement, il s'agit de mettre à disposition de la branche des moyens financiers nécessaires à la promotion dignes de ce nom sur la base du budget 2023, puisqu'on les a admis, dans le cadre de ce Parlement, ce qui permettrait d'avoir une certaine durabilité dans cette démarche. Deuxièmement, on sait que, en matière de promotion, un engagement d'une année ne peut pas véritablement faire la différence. Pour pouvoir mesurer les effets d'une campagne de promotion, on a besoin d'avoir un peu de recul pour voir les effets qui en retombent, d'où la nécessité d'avoir une vision à moyen terme, voire à long terme suivant les effets. Troisièmement, on ne trouvait pas d'objectifs chiffrés dans la première version de la motion. Si on veut mesurer l'efficacité de la promotion et, surtout, voir si les moyens qui ont été donnés et attribués par ce Parlement sont efficaces, on doit avoir un objectif clair, d'où la proposition d'indiquer clairement les parts de marché qui constitueront l'objectif.
C'est dans ce sens que je demande aux membres de la commission compétente d'analyser à nouveau l'adaptation de cette motion. Je vous prie de bien vouloir soutenir ma motion de renvoi vers la commission compétente.